• Aimer, quelle folie

    Aimer. Mais quelle folie…

    Un verbe insensé, n’est-ce pas ?

    Je regarde les lettres danser sous mes yeux et mon regard perce le miroir ; tout est devenu flou, les règles du jeu, le plateau même du jeu, tout est parti en fumée. Un clignement de paupières.

    Je suis partagée entre deux envies : laisser la rage qui gronde me consumer et hurler jusqu’à en rompre la corde et puis l’espoir, oh, encore l’espoir mais quelle folie, je me perds dans un rire. Dérailler.

    Il fait nuit dehors et dans mon intérieur ça tire sur la couette dans tous les sens. Je ne sais où donner de la tête. Je deviens dingue. Tu me rends folle. Mes pensées me rendent folle.

    Ne pas te voir me rend folle.

    Je cède un instant, et un volcan dont j’ignore la position exacte fout tout à l’envers. Ça crépite dans tous les sens et les flammes lèchent les rideaux ; je me croyais libérée, me voilà prisonnière.

    Je me sentais si légère à cette idée : je n’ai rien à perdre.

    Puisqu’il n’y a que toi qui compte, alors entrons dans la danse et jouons ; puisque mes yeux ne peuvent regarder ailleurs attirons les tiens. Rions à en perdre les sens et à savourons le bonheur qui pétille sous nos langues.

    Puisque l’on m’a offert des ailes – aimer, mais quelle idée insensée – alors allons planer, haut dans les cieux, prêt du soleil ; là où plus rien n’a d’importance que la chaleur dans nos cœur.

    Je n’ai rien à perdre.

                    Un sourire. Un lampadaire qui clignote dehors. Une voiture qui passe en vrombissant.

    Pas même toi puisque tu ne m’appartiens pas.

    J’ai cru voir le ciel dévoiler son visage ; les étoiles scintillant de mille feux.  J’ai cru voir la liberté.

    Mais je ne t’ai pas dit, chéri ? J’ai une maladie : elle s’appelle la peur que tu t’enfuies.

    J’ai confiance en toi, il parait. Ce n’est pas le problème, il parait.

    Il fait froid dehors. Et j’ai vu que tu étais parti sans rien me dire et j’ai vu que tu étais connecté sans me parler et j’ai été précipitée dans des affres dont je ne veux pas me souvenir. Le désespoir a fait son entrée.

    Un éclair est tombé sur la terre.

    T’es pas le premier à voler mon cœur. Oh non, il a voyagé ; et nous avons fait écho à ce que j’avais vécu. Ça m’a terrorisé.

    Un éclair est tombé sur la terre.

    J’ai compris pourquoi j’étais paralysée. J’ai compris, chéri.

    J’ai respiré et je suis devenue libre à nouveau.

     

    Aimer, quelle folie.

     

    Maéli 

    « Ce matin Une fleur »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 12 Novembre à 11:11

    C'est clair qu'aimer est une sacrée folie, c'est un voyage dont on ne sait jamais où il va nous mener, mais ce qui est sûr c'est qu'on en ressort transformé et grandi.

      • Lundi 13 Novembre à 22:13

        Absolument :) Merci d'avoir pris le temps de laisser quelques petits mots,ça me touche...

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