• Hayden 

    Nan mais l'aut'e p'tite dame elle rigole ou quoi ??

     

    Aela

    Je me suis sentie bête.

    Vraiment vraiment bête...

     

    Hayden

    On a bu son café, on a ri, on a essayé d'comprendre la scène d't'à l'heure mais la p'tite dame est restée son sourire niais collé sur le visage à nous proposer des biscuits. "Appelez-moi, Amandine. Ou maman", elle a insisté.

    J'ai pensé à la bouteille dans mon sac ; sérieux, on faisait quoi, là ?

    Aela m'a glissé un regard gêné.

    I' s'passait quelque chose d'étrange ; pourquoi il faut toujours que j'mette plus longtemps que les autres à comprendre ? Pourquoi les rouages de mon cerveau sont aussi rouillés ? 

    Son rêve.

    On était comme ça, à l'écouter déblatérer, c'est fou comment des gens accordent énormément d'importance à l'apparence, comment cette dame était tirée à quatre épingles et comment ses mots étaient mesurés ; j'en aurais bien pris une balance histoire de peser tout ça. A croire que tout avait était mûri pendant des siècles.

    Calculés, peut être.

    L'image de la lampe qui s'allume, peut-être que c'est pas tellement un mythe, parce que, croyez-moi ou pas, mais c'est comme si, d'un coup, d'un rayon lumineux éphémère et fulgurant, tout mes neurones s'étaient reconnectés ; cette dame, elle voulait quoi au juste ?

     

    Aela

    J'ai jamais cru les "rien n'est gratuit dans la vie". Mais cette dame-là, porte cette étiquette sur son front.

    Hayden n'a pas l'air de saisir qu'on est tombés blam droit dans ses filets, pourtant c'est gravé sur le front de cette dame, c'est dans l'air qui se mouve autour d'elle, c'est dans sa voix haut perchée qui vous demande si vous "ne reprendrez pas un café, mon petit chériiii ?". Même avec un panneau énorme et une grosse flèche qui pointe le trou, on s'est ramassés dedans et le temps qui passe calibre le plan de cette dame.

    Il est encore temps...

    Mes dents grincent. Tic tac.

    Mon rêve m'attend.

     

    Hayden

    Aela a lâché comme ça qu'on allait pas tarder à repartir et Amandine nous a tiré une de ces têtes... Déconfite.

    J'en aurais ri.

    C'était tellement impoli.

    Mais la p'tite dame s'est rescotché son sourire en plastique et nous a expliqués qu'elle nous attendait  et qu'elle avait préparés des chambres et que ça la blessait, et tout ce blabla de gens qui veulent juste dire qu'on ne leur accorde pas assez d'attention à côté de ce qu'ils représentent ; le centre du monde, vous comprenez.

    Elle a insisté pour qu'on voit nos chambres. Compte pas sur nous pour changer d'avis, ma p'tite dame.

    Je sais pas ce qui m'a pris mais j'ai dit oui mais après on s'en va.

    Peut-être que c'est parce que ma mère était un peu comme ça.

     

    Aela

    J'ai failli m'étrangler, mon regard a flingué Hayden "mais tu veux nous tuer ??" et je me suis dit que Kurt Cobain était vraiment mieux que lui.

    C'était stupide, comme pensée.

    Amandine m'a poussée, comme ça, vers ma chambre et puis après tout s'est passé vite et rien n'a d'importance parce qu'elle m'a enfermée et qu'Hayden est resté de l'autre côté et qu'il y a plus eu un seul bruit.

    La fenêtre était barricadée, la porte était bloquée, y avait rien à faire ; et puis j'partirai pas sans Hayden.

    Alors, je me suis assise en tailleur.

    Et le silence a commencé à me lancer.

    Il a sorti ses griffes, m'a lacérer le coeur et ça a commencé à saigner ; il faisait l'guignol ou quoi ?

    J'ai refusé de m'accrocher au rivage et je me suis laissé bercée, allongée sur la moquette à me dire seize ans pour trois jours, mais qu'est-ce que ça vaut ? Ça a un ses de chercher à en donner un à soixante-douze pauv'es heures ? 

    Gandhi a dit "Tout ce que vous faites est insignifiant mais il est très important que vous le fassiez quand même" et moi je voudrais lui claquer la porte au nez et lui hurler ; on fait comment quand la vie vous a pris vos cartes des mains et vous a balancé tout l'paquet.

    Après, faut faire avec.

     

    Hayden

    Nan mais la p'tite dame, elle rigole ou quoi ??

    Pensée pour la bouteille dans mon sac.

    Elle croit p'têt que j'vais faire ça ??

     

    Maéli.

    Une suite après ces mois de silence, à tous ceux qui l'attendaient et particulièrement à Chewing-gum qui m'a poussée à sortir cette chronique que j'adore du trou ;)

    Si vous m'laissez deux semaines voir trois maxi, vous aurez vot'e suite mes lecteurs :)...

    Merci...


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  • Hayden

    Ça embêterait la vie de prévenir, parfois ?!

    De mettre, je sais pas moi, un panneau "Vous êtes dans la merde" ou alors "Falaise droit devant vous".

    Ma mamie disait toujours qu'il y a de ces choses qui doivent arriver, et moi j'ai toujours pensé lui répliquer que y en a aussi dont on pourrait s'passer. Mais bon, elle était sourde comme un pot.

    Le pire, avec les ennuis, c'est que ça arrive que tu les sentes arriver, tu sais jamais sous quelle forme, mais y a toujours ce radar en toi qui te dis "fais gaffe, mon gars, ça va te tomber d'ssus". Mais on s'prend pour des paranos et on continue.

    Et après y a cette petite voix qui te boude et qui fait "J'te l'avais dit. T'aurais mieux fait de m'écouter". Et quatre-vingt dix neuf pourcent des fois, t'es obligé de reconnaître qu'elle a raison...

     

    Aela

    C'était vraiment trop beau.

    J'avais même fini par y croire.

    On s'arrête près de la maison, on s'allonge dans l'herbe et on rigole en regardant le soleil disparaître..

     

    Hayden

    La porte de la maison s'est ouverte, brusquement, et une fille est sortie, complètement hystérique, titubant, traînant ses valises derrière elle.

    Dans l'encadrement de la porte, la mère hurle que c'est indécent, que la fin du monde n'explique pas tout et qu'elle ira au lycée demain.

    Aela et moi avons échangé un regard consterné ; et la mère s'est tournée vers nous : 

    "Vous entrez ?

    Elle avait un sourire rayonnant, et je sais pas Aela, mais moi, je me serais pas risquer à l'énerver.

    Alors, on est entrés. Maintenant, je peux dire qu'on a été bêtes. Vraiment vraiment bêtes.

     

    Maéli.

    Ps : Je sais que le texte est super short, du coup, je vous poste la suite dès que je peux, mais là je suis un peu overbookée :/

     


    10 commentaires
  • J-3

    Hayden

     

    Il y a de ces pas en arrière qu'on ne peut pas refaire, gommer ou éliminer.

    J'crois que vous avez compris, j'ai merdé.

    Me pardonnera-t-elle ?

    Je ricane, nan, la question c'est, est-ce que je me le pardonnerai jamais ?

    Parce que maint'nant, j'ai la réponse à la question qui m'a poussé à faire un pas en arrière, hier. Oui, elle le voulait ce baiser. Mais j'l'ai pas embrassé, et ça, c'est clair : je ne suis pas assez bien pour elle.

    Et pourtant..

    Il y a de ces gens qui vous pardonnent n'importe quelle blessure...

    Voilà qu'elle est arrivée, ce matin, encore pleine de sommeil et qu'elle m'a secoué, doucement :

    "Hayden, faut repartir...

    -Gnnnn..

    -Hayden, rester c'est p'us bon, alors viens, on y va."

    Je lui ai demandé deux minutes, elle m'a donné sa mâtinée. La voilà qui dort à mes côtés. Sa présence me calme et pourtant je peux vous dire que calmer cette armée de chevaux en furie qui galopent sous mon crâne, j'ai toujours cru que c'était impossible.

    C'est comme ça que commencent toutes les histoires, non ?

    Des gens rendent l'impossible possible.

    L'irréel bascule dans le réel. On marche comme dans un rêve.

    Mais faut surtout pas qu'j'oublie qu'Aela, c'est pas un rêve, pas un nuage de matière insaisissable, juste un petit être humain fragile qu'a croisé mon ch'min.

    J'en veux au hasard, j'en veux  au Destin.

    Oui, c'est ça, vous avez très bien entendu !

    Maintenant que je l'ai rencontré, je vais plus pouvoir la quitter...

    C'est aussi simple que ça. Rien d'autre. Bonheur thérapie, c'est ça ; bah ouais mais personne vous a dit que c'était une drogue ? 

    Voilà, amour ou bonheur s'en va, et vous êtes bon pour la cure de désintox improvisée. Cherchez pas, on passe tous par là.

    Et dans trois jours, ce petit colibri me sera retiré ; comment pourrais-je supporter l'idée qu'elle quitte ce monde ?

    Vous me direz, nous partirons ensemble.

    Avec la Mort aux basques, j'vais devoir prendre le risque. Risque d'la perdre, que tout bascule, que tout s'bouscule, d'tomber au fond du trou avant la fin, ou alors de m'envoler et de m'immoler sous d'autres cieux...

    Je me suis arraché à ces pensées en lui murmurant :

    "Hey Aela, p'tite hirondelle...

    Elle s'est retournée et m'a donné un coup de poing.

    Elle a ouvert un oeil. Puis deux.

    Et elle a explosé de rire.

    -Pour tes deux minutes."

    Et dans ses yeux, j'ai lu : " pour hier".

    Illusion ou réalité ? On ne sait plus quand la réalité se confond avec nos désirs...

     

    Et on est partis, comme ça. Avec nos deux sacs, deux corps frêles, qui s'élancent, dans cet après-midi sous les rayons insolents du soleil.

    Sur un éclat de rire, on a enfourché nos vélos ; en trois coups d'jambes, on avait dévalé la colline et nous étions libres.

    Je l'ai regardé, devant, sa chemise qui vole et ses cheveux qui dansent, fouettent son dos, repartent à la chasse de ce courant d'air, mais reviennent. Je l'ai regardé et j'ai pensé que ça faisait longtemps que j'avais pas autant souri.

    Certaines personnes ont le don de vous faire revivre.

     

    Aela

    J'ai repris la route sans Kurt Cobain ni Benoit Poher mais j'avais dix mille fois mieux : Hayden.

    Pas la voix d'une légende ou des notes dans la tête, juste le son d'une voix et mon coeur qui bat ; une voix, réelle et là. La voix d'un vivant.

    Nous roulons, nous roulons...

    Le soleil nous caresse la peau, nous rions, le monde contemple notre bonheur d'être, les paysages défilent, mon âme contemple ce qui s'ouvre enfin à moi...

    Qui a jamais pu prétendre que la vie n'était pas belle ?

     

    Hayden

    Oublier ses soucis, vous croyez ça possible ?

    Pas une pensée pour la bouteille dans mon sac, juste maintenant, maintenant...

    Juste : faites qu'elle me regarde.

    Dans ma vie, j'ai rarement prié, mais je peux vous dire que depuis que je la connais, j'ai mis le paquet...

     

    Evidemment, tout se corse quand on s'arrête dans cette maison, au bord de la route vers seize heures...

     

    Maéli.


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  • J-4

     

    Il boit.

    La bouteille au goulot, il boit des grosses gorgées, comme si de rien n'était. 

    D'où je suis je sens son regard qui tangue et son coeur qui boite. J'aurais pu ne pas bouger, partir ou lui dérober sa bouteille.

    Après tout, tout n'est qu'une question d'humanité.

    De peur, d'amour ou de regrets.

    Une histoire de sentiments.

    Mais je ne prends pas le temps de réfléchir, d'infléchir sur cette décision dingue, qui va tout bouleverser, mais qui me ressemble tellement, je me précipite sur lui, comme un boulet d'canon. Un boulet de canon qui a la rage :

    -Mais tu es fou ??

    Il me jette un regard qui me donne envie de mourir, de m'enterrer, là tout de suite, un regard qui me dit, perds espoir, tu ne t'en sortiras pas. 

    Mais j'ai voulu croire en lui.

    En lui et en sa vérité.

    Maintenant qu'il m'a mis sur le chemin, il doit me montrer la direction. Il ne peut pas me laisser là, plantée sur la route.

    -D'façon on va mourir !! Alors à quoi bon ??

    Et là, tout de suite, j'ai envie de tout déballer, de lui répliquer :" C'est des questions qu'on s'pose toujours, tous les jours, qu'on meure ou pas demain ; alors en quoi ça change la donne ??!"

    J'avais tellement envie de lui hurler ça au visage que je crois que je l'ai fait.

    Il ne se démonte pas, ne cille pas, il me surprend ; il me tend la bouteille.

    -Tiens. Prends-ça, noies tout.

    Et c'est moi qui aie perdu l'équilibre.

    Il y a eu cet instant, cette infime seconde d'hésitation. De tentation.

    Pourquoi refuser ?

    Et là, ma voix de petite fille sage s'est exprimée tout fort :

    -Attends ?? Mais tu veux vraiment me faire faire n'importe quoi ?? Tu trouves pas que ce monde est assez fou ?? Tu me rends dingue !! 

    Pas besoin d'boire pour dire c'que je pense.

    Et j'ai attrapé sa bouteille et je l'ai fracassée contre le mur d'en face :

    -Tu trouves pas qu'le monde tourne pas assez rond ??

    Ça, c'est fait.

    Je lis dans ces yeux qu'il veut me sauter dessus, il veut planer et je viens de lui prendre son shoot ; nan il refuse de redescendre. Eh ben écoute mon gars : tu rêves !

    Je ne sais plus ce que je fais, j'agis sans penser à rien, je suis en colère, j'en ai marre, j'ai peur, et je crois que je m'attache un peu trop à lui...

    Je lui prends la main :

    -Allez, lève-toi. Lève tes fesses.

    Il est trop amoché pour faire quoi que ce soit.

    "Et maintenant je te porte ?? " lui reproche mon regard.

    -Va-t-en.

    C'est de la bouillie de mots mais c'est ce que j'en comprends.

    -Tu crois peut-être que je vais te laisser planté là, dans ta solitude et tes idées noires ?? Que je vais rien faire pendant que toi tu contemples ce temps qui part en flammes avec ta raison d'être ?? Tu crois p'têtre que c'te drogue te rend vivant, oui, vivant mais elle te ronge !!

    Je lui prend la main, le tire, je m'en fous de ces gémissements, je m'en fous de tout !

    Je l'emmène dehors et je parle. Je débite tellement de choses, il ne doit rien comprendre dans son état, mais peu importe.

    -Je t'ai trouvé, je te lâche plus, tu m'entends ?? Fallait pas v'nir me chercher !

    Et je l'emmène dehors.

    Je prends une couette, je nous enroule dedans, je lui empêche tout mouvement et je nous laisse contempler le ciel.

    -Je sais que tu t'en contrefous de l'infini, du calme là que je rêve de posséder en ce moment même mais j'ai besoin de parler pour évacuer la fureur dans laquelle tu viens de me mettre.

    Je me tourne vers lui :

    -T'imagines la peur que j'ai eu ??

    Ma voix se brise.

    -Je tombe sur toi et quand je commence à peine à te faire confiance je comprends que c'était pas moi qui avais besoin de m'appuyer sur toi, mais l'inverse ?!

    Je me plonge dans ces yeux, je vais me noyer.

    Dedans j'y vois le reflet de ce qui me coulait il y a si peu de temps...

    Je vais me perdre, plus jamais je ne remonterai à la surface.

    Je voulais l'aventure, je l'ai trouvée.

    -T'imagines un instant ce que t'as fait ??

    Je ne me rends pas compte, mais doucement, il redescend sur Terre, son regard s'accroche, il cesse de s'égarer et je débite, je débite, je débite.

    -Tu peux pas ma laisser maintenant !! Maintenant que je touche mon rêve du doigt, que je te fais confiance, que je...!

    La surprise me coupe le souffle.

    C'est ce que je lis dans son regard qui fige.

    Cette seconde d'hésitation, ce souffle qui caresse ma peau, cette étincelle dans ses yeux, mon ventre qui se sent devenir léger...

    S'arrêtera-t-il avant ?

     

    Maéli.

     


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  • J-4

     

    -Mettons les choses au clair : je te déteste.

    Il se met à ricaner.

    Insupportable, je vous dis.

    Vous imaginez que j'ai dû passer la soirée avec ce mec ? 

    -Mais, j'ai pitié de toi.

    Je hausse un sourcil et il me fait un sourire d'ange. 

    Oh mon Dieu, je crois que je vais fondre...

    On est sur la table à manger de chez lui, devant notre p'tit déjeuner, et on discute. Bon, d'accord, je vous l'accorde, je me tape le plus long monologue de toute mon histoire parce que...parce que ce mec m'énerve, tout simplement !!

    Hayden a soupiré et je suis descendue de mon nuage ; il m'énerve tellement que j'en oublie presque que c'est quelqu'un. OK, je suis bizarre mais quand quelqu'un vous énerve, on s'rend pas toujours compte que c'est une façade ou qu'il peut se comporter autrement.

    -Le problème, c'est que tu me prends pas au sérieux. Et que tu me fais pas confiance.

    Je suis partie dans grand éclat de rire ; et j'ai relevé la tête et j'ai vu dans ses iris quelque chose s'assombrir... Mon coeur s'est serré.

    -Comment veux-tu que je prenne au sérieux un mec qui fait des trucs aussi chelous avec ses sourcils ?

    C'était tellement débile comme remarque qu'il a explosé de rire et que...disons, je me suis sentie vraiment vraiment stupide.

    -Nan mais... T'es toujours entrain de ricaner, de t'foutre de moi et ça me raaaaaaaaaaaaah tu peux pas savoir à quel point ! On va tous mourir, je pars à vélo réaliser des rêves complètement dingues, j'ai absolument aucune idée d'où j'me trouve et je tombe sur toi ! Et, je...

    J'ai levé les yeux vers lui : "Je te connais depuis deux jours."

    L'ai-je dit à haute voix ou est-ce seulement cette pensée qui s'est répercutée dans mon crâne ?

    Peu importe, car il a compris.

    -On fait un pacte ?

    J'ai haussé un sourcil.

    -Ah nan ça peut pas marcher si j'te contamine !

    Un grand sourire a illuminé son visage, et c'est vrai que j'ai pensé : "Pfft tricheur.... Comment veux-tu que j'te résiste ?"

    J'ai enfoui cette pensée, j'voulais pas voir c'qui fleurissait dans mon coeur alors que la Mort frapperait à nos portes dans quatre jours.

    -Plus de ricanements et toi, tu m'fais confiance.

    Il a repris un air sérieux et je lui ai rendu un sourire rayonnant :

    -Mouais... On va voir si tu peux tenir ça plus de trois minutes...

    Il m'a donné une tape amicale sur l'épaule et mon coeur a eu un sursaut.

    -Ça peut marcher si tu m'provoques ! Comment veux-tu que j'résiste à toutes ces perches ?

    J'ai rigolé et je suis partie en courant et en criant :

    -Ça fait pas partie du contrat !

     

    Hayden habite un château du XVIIIème juste carrément flippant. Quand le soleil s'est couché, et que je me suis retrouvée seule dans la chambre d'invitée, j'ai commencé à avoir peur.

    Hier, ma fierté me r'tenait, mais ce soir, j'ai su au bout d'une demi-heure que je dormirais pas alors j'ai pris sur moi, je suis sortie, et emmitouflée dans ma couette je suis allée à la recherche de la chambre d'Hayden.

    J'ai le coeur qui bat à cent à l'heure ; s'il me rembarre, si j'me perds, si il explose de rire... Et je suis arrivée devant sa porte.

    Je suis restée plantée là, pendant deux minutes. A écouter mon coeur battre, à entendre ces deux p'tites voix dans ma tête qui croisent le fer et ma main qui se lève, reste en suspend dans l'air et frappe.

    Je vous jure que les dix secondes qui ont passé ont semblé durer des siècles et j'étais entrain de me raisonner de me dire que j'avais eu tort quand j'ai décidé de pousser la porte.

    -Hayden ?

    Et dans ma tête, j'avais trois ans.

    Il ne dormait pas, il...

     

    Maéli.

    Ps : hé hé hé (rire de sadique) ; la suite de Reflet demain ;)

     


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  • J-5

     

    Je me lève avec le soleil.

    Embarque mon sac, mon repas, mes économies, sort, souffle et ferme la porte. J’ai les larmes aux yeux.

    Mais je n’ai plus peur, je sais où je vais.

    Quand vous savez que la mort vous attend, que vous savez quand mais que vous ignorez comment ; sachez qu’il n’y a rien de plus terrifiant que le comment.

    J’enfourche mon vélo et je pars.

    D’abord à fond, histoire de tout laisser derrière, de partir le plus vite, de sentir le vent hurler dans mes oreilles ; mais avec la sueur, la colère fuit, sur la pointe des pieds, comme une voleuse.

    La peur, la colère et la douleur, ce sont toutes les mêmes au final : quand vous croyez vous en être débarrassées, elles reviennent deux fois plus vite qu’avant, deux fois plus tenaces qu’avant. Mais sachez, mes belles, que je ne lâcherai pour rien au monde ce bout de paix qui accompagne mes pieds qui pédalent et mon cœur qui fredonne.

     

    J’ignore jusqu’où je pourrai aller, comme ça.

    A vélo, avec trois p’tits pout d’pain, un paquet de biscuits, trois bouteilles d’eau, du saucisson et une p’tite couverture ; combien de temps, je pourrai tenir.

    Une p’tite voix s’entête à me murmurer « t’es dingue, ma p’tite, tu mourras jamais, tu le sais. Rien n’est réel. Rentre chez toi, va au lycée, fais tes études, t’auras un av’nir. Tu cours à ta perte, idiote ! ».

    Je ricane.

    Vous savez quoi ??

    Je m’en fiche.

    Maintenant que je tiens ma chance au creux d’ma main, j’vais aller au bout de ce rêve de p’tite fille : faire le tour du monde à vélo, sans un sou. Alors peu importe si les rues sont quasiment vides, peu importe si je ne finis jamais ce tour, peu importe si tout n’était que mensonge.

    Avec un peu de volonté, personne ne peut m’arrêter.

    Finalement, quoi de plus irréel que l’avenir ?

    Maintenant que je sais de combien de jours il est fait, à moi d’en profiter à m’en défoncer ; à moi d’choisir d’mourir d’une overdose de vie.

    C’est qu’un pauv’ bout d’métal avec des roues, mon vélo, pourtant c’est l’instrument de tout mon chemin.

    Mes pensées vagabondent, et je file pendant que le soleil poursuit son ascension, là-haut dans le ciel.

    A son zénith, je pose pieds à terre.

    Je scrute l’horizon, à la recherche du moindre mouvement, du moindre signe de vie ; où les gens ?

    Je me sens seule sur une Terre, qui d’un coup, me devient hostile.

    J’avance, doucement, mon vélo à mes côtés, le regard furtif, les yeux qui passent de droite à gauche, traverse une ville et m’arrête dans un parc, le cœur battant.

    Mais je deviens parano ou quoi ??

    Ça frise le franchement stupide !

    Je me murmure les paroles de Kurt Cobain pour me redonner courage : « Come as you are.. as you were.. » ; le monde n’est plus que la brise qui souffle et les mots de Kurt Cobain qui hurlent, dans mon cœur : « That I don’t have a gun » !

    Où me mènera donc cette histoire ?

    Je ferme les yeux, cesse de crier et m’assois sur l’herbe ; le monde me fiche la peur, la peur a foutu l’camp reste plus que moi et la solitude qui s’installe, confortablement, dans mon cœur.

    Et, un craquement me parvient.

    Je sursaute, ouvre les yeux, paniquée ; quand, la brise me répond « as I want you to be…as a friend… ».

    Oh mon Dieu…

    J’ai fermé les yeux, Cobain sans la guitare derrière.

    Des bruits de pas sur le sol.

    J’ai un deuxième sursaut, et me relève ; mais qu’est-ce qui me prend ?

    « C’est pas parce qu’un gars à la voix de ton Kurt, Aela, que tu dois fermer les yeux, mince quoi ! Tu veux te faire tuer, ou quoi ??! », c’est la voix d’Emy, ma mère qui résonne dans mon crâne, et pour une fois, elle n’a pas tort.

    J’aperçois deux yeux moqueurs et un sourire narquois qui sortent de derrière un arbre :

    -Je t’ai fait peur ?

    Je reprends tout mon aplomb et réplique :

    -Absolument pas.

    -J’en suis désolé.

    Et son sourire railleur dément ses propos.

    -Tu veux quoi ? j’attaque.

    -Et toi ?

    Haussement de sourcils hautain. Nan mais il se prend pour qui, c’lui-là ?!

    -J’ai posé la question en premier.

    Je plante mon regard dans ses deux prunelles. Bleues sombres comme la mer un jour de tempête. Prêtes à faire chavirer le radeau qui navigue dessus.

    Wow, Aela, baisse les yeux ; c’est pas l’moment de finir noyer.

    -J’ai quand même le droit de savoir ce que tu fais dans mon jardin, non ?

    Horripilant !

    J’efface toute pensée qui a pu être gentille sur lui.

    Je suis même obligée de me tordre le cou pour le regarder dans les yeux. Raaaaaaaaaaah pourquoi suis-je si petite ?

    -Bon, on laisse tomber cette question. Tes capacités de réflexion me semblent trop limitées pour cette question.

    -Méfie-toi, monsieur l’arrogant !

    Encore un haussement de sourcils. Raaaah et je fais demi-tour pour le planter là.

    J’ai à peine fais dix mètres que je regrette.

    Et mince !

    Deux minutes que je le connais et tout m’attire vers lui.

    Je fais demi-tour, encore plus furax que quand j’étais partie de son « jardin ».

    -Alors, on a changé d’avis, melle … ?

    -Aela. Et non.

     

    Maéli.


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