• J'ai le coeur un peu serré

    J’ai le cœur un peu serré, ce soir.

    Ça n’a l’air de rien, un gros nœud dans la cage thoracique et des larmes sur le bord des yeux. Il paraît que ça s’appelle le chagrin. Si je vacille un peu, l’océan risque de se renverser. J’esquisse quelques sanglots silencieux.

    Je les ravale. Ils ne veulent pas vraiment sortir, n’est-ce pas ?

    J’ai mis la musique dans mes oreilles et j’en ai mal, si mal aux tympans ; mais peu importe, elle détourne l’attention de la vraie douleur, cachée au fond de sa cage, l’oiseau geint. Encore un coup.

    J’ai le cœur un peu serré, ce soir.

    Il ne fait pas encore nuit et je pense à toi. Où tu es, comment ça va. A toi, qui, si souvent dans les tempêtes sors l’armure et le bouclier pour tenir bon pour ceux qui menacent de s’écrouler. A toi, qui dans ma nuit, n’avait pas cessé de briller ; qui dans l’ouragan n’étais pas tombée ni n’avais fuit.

    Je me sens triste, et pourtant, ce n’est pas mon rôle à moi dans cette histoire. Mais il y a un bout de mon cœur qui partage tes peines et tes colères, tes joies et tes épiphanies. Qui même dans le silence et l’absence tient une torche, en haut dans la montagne ; pour le jour où tu auras besoin de sa chaleur. Je suis prête à allumer un feu dans ta cheminée, si c’est ce dont tu as besoin.

    La fraîcheur de la nuit me brûle les doigts ; mon clavier aussi. Ça fait si longtemps, mais les mots coulent, pressants. Ils ont des questions et beaucoup de chaleur du cœur à donner.

    Ils ont aussi beaucoup de silences. Parmi eux, il y a celui qui voudrait te laisser faire ton deuil et panser tes blessures, celui qui ne voudrait pas être maladroit et raviver une blessure, celui qui n’a pas les mots devant la mort.

    J’ai le cœur un peu serré, ce soir.

    Il y a des cris, cachés sous le tapis ; des envies de ravages et de destruction.

    Pourquoi la Faucheuse rend-t-elle plus visite à certains que d’autres ?

    Et l’inconnu derrière ce vide, et tous les rêves qui passent à la trappe, et nos plans sur la comète, et  les vivants, que font-ils ?

    Mais si je tends l’oreille et laisse l’orage passer, il n’y a que du chagrin. L’eau de la pluie pansera-t-elle mes blessures ?

    J’ai le cœur en bataille, il fait naufrage. Tout ça ne devrait pas avoir grand-chose à faire avec moi, hormis l’impuissance devant l’acte accompli, hormis mon cœur qui crie que je suis là. Peu importe si je ne peux pas être celle qui te serrera dans tes bras ou celle à qui tu te confierais ; si tu frappes à ma porte, elle sera déjà ouverte.

    On allumera des torches dans la nuit jusqu’à enflammer le ciel, on dansera autour de feus de joie jusqu’à épuiser le chagrin, on plantera des épouvantails dans les champs de la peur, on réchauffera nos cœur. On rira jusqu’à ce que le chagrin refasse surface et que les larmes nous libèrent ou on s’oubliera, on oubliera que tout a une fin. Ou alors on vivra comme avant, juste un peu plus fort. Comme des cœurs battants, des combattants, des survivants.

    Je t’aime.

    Maéli

    « Au revoir

  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Juillet à 22:45
    C'est beau, je suis touchée par ton texte, j'y partage beaucoup de sentiments similaires.
      • Mercredi 3 Juillet à 15:01

        Merci beaucoup.

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