• La bête en moi

    https://www.youtube.com/watch?v=2e5CArwBKMU

     

    Qui a dit qu'un piano ne pouvait jamais se mettre en colère ?

    Allez vous faire voir.

    Et la mélodie résonne sous mon crâne, ça fait des mois que mon intérieur est une caisse de résonance ; ça fait trois mois que tout s'enterre dans mon cœur. Ou ma tombe.

    Parce que c'est vrai quoi,je n'ai plus de cœur, j'ai un tunnel où le vide me lancine et auquel la douleur se heurte, un gruyère peut-être, mais un cœur ?

    Mon sourire s'est fait la malle où tu n'es plus devenu qu'un souvenir.

    J'ai donné un autre coup. ça m'a fait mal au poignet, ça a suffi à étrangler la voix horrifiée dans ma tête qui voit les yeux de Marc tourner blanc ;mais j'ai perdu tout sens de la réalité.

    Je n'ai pas senti le changement d'ambiance autour de moi, le début de colère qui succède aux murmures et aux ragots ;la curiosité s'est soudain envolée pour une inquiétude paniquée.

    Des sanglots ont éclaté et j'ai suspendu mon geste, un instant, croyant qu'ils venaient de moi. Une fois que j'ai été sûr que ce n'était pas le cas, je me suis penché de nouveau sur le pantin sous moi. Marc.

    Son sourire. Un flash. Une bière, tard le soir, sur le toit d'un musée. Un interdit transgressé. Encore des images.

    J'ai mis au feu la pellicule dans ma tête. Les amis ça n'existe pas. C'était censé être la seule chose tangible dans ma vie et voilà qu'ils prennent le vent. Poussière.

    Je voulais frapper fort, cette fois et l'on m'attrape par l'épaule, et dans mon élan, je donne un bon coup de poing bien senti dans la mâchoire.

    Je me sens comme un boxeur sur le ring, et l'adrénaline et rien ne m'arrêtera. Mais la fille vole, elle heurte le sol en un bruit mat et ses cheveux bruns, je les reconnaîtrais parmi n'importe qu'elle foule et ma colère se fait la malle, pour un instant; les yeux écarquillés.

    Elle se retourne vers moi. Je croise son regard, c'est toujours le même océan ; mais cette fois,c'est le déluge, qui me découpe en deux,sur place, c'est la foudre qui veut me clouer au sol.

    Et ce sont les larmes, aussi, qui frappent à la porte et commencent à déborder du vase ; la douleur s'imprime sur son visage et sa main presse sa mâchoire.

    Le silence vient apposer ses doigts juste là où il me restait un peu d'espace vital, un peu d'air. Ma respiration s'accélère.

    Je n'aurais jamais dû faire ça.

    Et puis Zia s'interpose,c'est bien son genre de faire ce genre de chose; elle est casse gueule la Zia. Elle fera punching ball s'il le faut mais elle ne me laissera pas toucher une seule autre fois à quelqu'un qu'elle aime.

    Quelque part ça me rassure, ça me calmerait presque de savoir qu'elle ne me laissera pas blesser encore ceux que j'aime.

    Alors elle gueule:

    -Mais t'es devenu fou ma parole, Nathan ! Qu'est-ce qui te prends ? Tu veux tous nous tuer ou pas ?!

    Elle a pris les frontières de mes blessures, et elle les a grand ouverte ; écartelé vivant. La colère la culpabilité la fragilité.La colère.

    La bête en moi a refait surface.

    La douleur m'a ramené aux Enfers. Elle veille à ce que je n'en sorte pas.

    Bien.Donnons-lui un coup de main. Cédons encore à la faiblesse,puisque la vie on la subit.

    J'ai lâché prise.

    La mélodie a résonné dans mon crâne, plus forte que jamais.

     

    Maéli

    La suite de Survivants

    « De notre côté du miroirTu sais quoi ? »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 8 Mars à 18:24

    Oups, je ne savais, je n'ai pas lu la première partie! x)

    Il n'empêche que j'aime beaucoup ton texte!

      • Mercredi 8 Mars à 18:35

        Ahaha :'), j'aurais peut être dû préciser :3

        Merci bien :)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :