• La lumière éteinte

    La lumière est éteinte.

    Je regarde à droite, à gauche, le rideau est grand ouvert ; le parquet comme je l'ai laissé. Un peu poussiéreux, un peu différent, aussi -mais ça fait longtemps et ma mémoire n'est plus familière des rayures sur le bois. 

    Il faudrait commencer par retirer ses chaussures. 

    Je vacille. Le silence est impressionnant.

    Mon coeur a pris la porte, tambour battant. 

    Plus que mon souffle, et l'angoisse qui palpite ; au creux de mes veines. 

    Je frissonne ; la nuit caresse ma peau. Faisait-il froid, avant, ici ?

    Alors mes pensées s'arrêtent de traverser la route de mon crâne ; je suis là pour de bon, cette fois, je ne ferais pas machine arrière.

    Je quitte mes chaussures et mes doutes ; mon gilet et mes fantômes -est-ce que je vais y arriver, mais je ne sais plus écrire, maman, j'ai perdu la route de mon coeur, la source le fleuve rien ne vient rien ne fait sens

    J'ai fermé les yeux pour les rouvrir, j'ai pris place sur le parquet, là où je me suis tenue tant de fois que le parquet a blanchi ; j'ai levé le regard vers la sono, tout là haut 

    l'autre jour je me suis coupée et ce n'est pas l'encre qui s'est écrasée sur le parquet mais bien du sang

    du sang ; oui,maman 

    Un souffle m'a échappé -j'ai toujours pas trouvé la paix 

    mais je vous ai lâchés

    où sont mes larmes ?

    où sont mes mots ?

    Tu aurais dû allumer le projecteur, comme on fait d'habitude ; mais je me suis assise au bord de la Seine et tu as allumé la nuit ; 

    et j'ai pris les mots, mon marteau, pour frapper cette porte fermée qui m'a coupé de mes émotions, de ma respiration, d'où je viens

    Je cherche la route de mon coeur.

     

    Maéli

    De retour.

    « Inquiète, moi ?Pourquoi tu pleures ? »

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