• Les mots

    On se regarde en chien de faïence. Danse le silence sur la table ; et qu’il pirouette plus bruyant encore que les mots.

    On se jauge comme des inconnus. Les mots me disent « t’as cru que tu pouvais vivre sans nous ? » et j’aimerais leur dire que non ; mais je vous ai mis sous le tapis, n’est-ce pas.

    Et je reviens quand le vase est trop plein.

    J’aimerais les prendre dans mes bras, les serrer tout fort, comme ces êtres familiers ces êtres aimés ; et fermer les yeux, ressentir cette chaleur m’emplir, celle que l’on vit, emmitouflé sous un plaid avec un thé au creux des mains, alors que l’hiver rumine.

    J’aimerais poser la tête sur leur épaule, leur dire que c’est fini, que c’est la dernière fois. Mais c’est un mensonge ; et moi qui croyait être sans concession avec mes rêves, je les ai torpillés, car il paraît qu’il y a plus urgent, qu’il y a plus important.

    La douceur de leur mélodie dans mon intérieur, la couleur des lettres et l’orchestre entre mes émotions et les syllabes ; un nouvel horizon se dessine.

    J’aimerais soudainement tout déverser sur une feuille de papier, comme pour tourner la page et dire à tout ce qui m’emplit, c’est fini. C’est fini.

    Avec le même pouvoir que les larmes qui dansent sur ma peau, qui caressent tendrement ma joue ; pour poser le paquet par terre, le déluge a lavé ton cœur, l’automne me dénude et je frissonne.

    Les mots ne sont pas rancuniers, n’est-ce pas ?

    Je suis rentrée à la maison presque sans faire de bruit, dans l’obscurité et sur la pointe des pieds ; ils m’ont ouvert grand leur cœur, ils ont allumé les lumières et on a fait un feu de camp, pour que je n’aie plus froid.

     

    Merci.

     

    Maéli

    « Une fleurMa tigresse »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :