• Les roses pleurent-elles ?

    Je ne demandai qu’à t’aimer.

    Comme une goutte d’eau qui s’échoue dans un vase ; les roses pleurent-elles ? C’est la nuit qui y a déposé ses gouttes d’argent ; rien d’autre.

    On se regarde en chiens de faïence tous les trois. Mon cœur, mes pensées et moi. Qu’est-ce qu’on a l’air malins.

    T’as rien de mieux à faire ? La douleur passe en queue de poisson.

    Ma pile de bouquins me fixe avec obstination. La souffrance n’a pas pris de tickets à l’entrée, elle n’était pas sur ma liste de choses à faire.

    Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Comme un ricanement impuissant, un laissez-passer pour cet ouragan qui me dévore, lentement mais sûrement.

    Mon cœur a toujours été plus fort que la raison.

    Bras de fer avec mes pensées, un regard pour le ciel ; l’espérance qu’il en tombera quelque chose de beau pour l’avenir. Je rêve de couronnes de fleurs et d’amour et dans mon cœur toute cette tourbe. Chagrin.

    Entends-tu cette douleur ?

    T’en fais trop. Sanglot.

    Mon lit est défait. Mes pinceaux roulent sur mon bureau, hésitent sur le rebord et heurte le sol en un petit bruit –y avais-je oublié une partie de moi, accrochée quelque part ? Je me sens comme cet oiseau en porcelaine.

    Comment en est-on arrivés là ?

    L’horloge fait ses allers-retours, quelque part au-dessus de ma tête.

    J’ai vu quelqu’un dans tes deux yeux.

    A croire qu’une porte s’était ouverte ; un monde des possibles, un nouvel horizon. Depuis combien de temps n’avais-je pas eu envie d’être avec quelqu’un ?

    Comme un coup de fouet qui vous ramène à votre propre vulnérabilité.

    Je n’ai pas vu les feuilles jaunir dehors. L’automne est arrivé avec sa berceuse dans les bras et il nous emporte dans sa valse.

    Pour combien de temps les étoiles filantes apparaissent-elles dans le ciel ? Les pépites sont-elles vouées à disparaître ?

    Une vibration sur le plancher, qui tonne que quelqu’un vous appelle. Un haussement d’épaules. Quelle importance quand ce n’est pas la personne que vous attendez ?

    Un drap paraît être tombé sur mon ciel.

    Je n’ai plus froid, loin de toi ; mais il y a cette enclume, dans ma caverne à peine éclairée, au fond de moi. Elle joue au pendu, je crois. Une lettre après l’autre, on met des mots sur les émotions. L’ineffable.

    Parfum de lendemain.

    Peut-être attend-on le déluge.

    Au moins a-t-on l’assurance qu’il viendra tout emporter.

    J’ai ton sourire imprimé sur la peau. L’accès à ton port est momentanément fermé, c’est la tempête.

    La bouilloire de la voisine siffle. Une pensée pour le temps qui s’est écoulé ; sans égard pour mon désarroi. Manque de courage, il faudrait se lever ; mais se déplacer c’est comme porter dans ses mains un papillon éteint. J’ai retrouvé mon avion en papier déchiré, mon ciel intérieur est déchiré en deux, comme ce poster de Bowie dans la chambre de Janie ; mon horizon  a explosé.

    Les roses pleurent-elles ? Puisque l’étoile filante est passée et qu’elle ne l’a pas cueillie.  Puisque le météore, danse dans le ciel, sibylle ; nous laissera-t-elle, mon chagrin et moi ?

    Un parapluie qui s’envole un jour de grand soleil, je ne sais pas où tu vas où je vais où nous allons ; je cherche la lumière.

     

    Je ne t’ai demandé que de t’aimer. Dans un silence, il est vrai.

     

    Maéli

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