• Lettre à un mirage

    Et le ciel se trouble derrière mes paupières ; de l’autre côté du monde, au-delà de cette barrière de verre, l’invisible chavire.

    Tu l’as vu venir, n’est-ce pas ?

    Le froid s’infiltre sous les portes, la buée se dessine sur les fenêtres et dehors je fume lorsque je ris ; l’hiver transforme le monde et nos cœurs.

    Les arbres dénudés chantent encore leurs quelques couleurs chatoyantes et frissonnent sous le givre. Dehors a sorti sa parure de fêtes ; la nuit elle-même est illuminée.

    Il neige en plein Paris.

    Mes éclats de rire montent dans mon intérieur, viennent réchauffer ma cage thoracique, ils m’emplissent de cette sensation exquise qu’on appelle le bonheur.

    L’hiver.

    Mon cœur est ailleurs. Il y a comme une voix qui lui dit, dans un murmure, qu’on a assez joué au chat et à la souris, la partie est finie. N’est-ce pas qu’elle est terminée ?

    La nuit étend son empire au-dehors et la musique se déverse dans mes oreilles, comme dans l’espoir de me soulager. Ecrire pour faire crier ses blessures ; se regarder dans le miroir et se dire que tout ira mieux demain.

    J’ai jamais voulu qu’on en arrive là, tu sais. Tu en as choisi une autre et puis la machine s’est engrangée et tes choix n’ont pas percuté les miens.

    Tu as laissé ton cœur murmurer dans cette pièce au fond du couloir…

    Je vois pas très net mais tu veux la vérité ?

    Il fut un été, où le temps d’un instant une vague d’amour m’a emplie alors que je te regardais dans les yeux. Et puis j’ai vu ton regard se poser sur un être aimé. J’ai compris qu’il fallait se méfier.

    J’ai fermé la porte.

    L’hiver picote au-dehors ; les derniers passants augmentent le pas. Le bois crépite dans les cheminées et le froid danse sur nos peaux et gare à ceux qui n’y prennent pas garde, le froid touche aussi les cœurs.

    J’ai su presque tout de suite qu’il y aurait quelque chose avec lui. Qui j’ai voulu protéger ? Lui, moi, toi ? J’ai aimé, sans regarder ailleurs ; je m’y suis perdue, je m’y suis trouvée.

    Je sais que tu attends sur le pas de la porte, que tu viens régulièrement vérifier que personne d’autre que toi n’était entré. Parce qu’il n’a absolument rien fait de cela. Mon cœur a trouvé la paix dans ses yeux ; son sourire me ramène à la maison, au bonheur.

    Il ne tient pas à moi pour qui je suis mais pour ce que je suis, il n’essaie pas d’accumuler les BA pour m’acheter, je ne pourrai pas t’expliquer pourquoi lui et pas toi.

    Une couche d’obscurité a dû s’abattre sur ton toit, peut-être sur ton monde intérieur aussi.

    J’ai essayé de me protéger, et puis toi et lui aussi ; parce que rien n’est arrivé au fond. Mais j’ai compris qu’il était temps que je te laisse partir si tu en avais besoin, parce que j’ai compris que je t’aime et que ce n’est pas suffisant et qu’il n’est pas bon pour toi que tu perdes ton temps avec moi.

     

    Parce que je crois que c’est important pour toi de savoir ça,

     

    Maéli

    Qui cherche les bons mots 

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