• Lettre à une apparition

    T'es tombé, là, et j'me suis dit "y a bien une raison".

    J'ai passé mon ch'min ; d'façon, si t'étais là, c'était pour l'recroiser, non ?

    Tu t'es retrouvé dans mon monde et je me suis demandé.

    Le vent a soufflé et j'ai tout oublié.

    Comme une vague, ils m'ont englouti, mes souvenirs, mes trésors, mon volcan, ma force et ma descente ; ce qu'il me reste et ce qu'il me manque.

    Un pied devant l'autre ; pour pas perdre l'équilibre.

    Un sourire après l'autre ; pour se souvenir de la vie.

    J'ai pas brisé la glace, j'ai pas passé l'autre côté du mur ; j'me suis contenté de regards. Et puis le bateau a mis les voiles, l'horloge a sonné le dernier tac et le navire a quitté le port. Fragile frégate qui s'en va et mon coeur qui coule ; ah, j'me s'rais encore faite avoir ?

    Y m'suffit d'un rien pour attacher mon coeur à un autre, y m'suffit d'un rien pour partir à l'autre bout du monde, pour toucher la Lune des doigts ; y m'suffit d'un souffle pour décoller.

    J'aurais aimé comprendre.

    Tu leur ressemblais tant...

    Et pourquoi toi, à la croisée des ch'mins ? Pourquoi, dis-moi ?

    Silence des instances qui nous a condamnés à la distance. A l'ignorance.

    Fragilité à fleur de peau, je voyais tes pétales trembler, feuilles qui frissonnent, électricité qui m'a figée, électricité qui m'a ordonné d'aller vers toi, qu'le paradis, c'était par là, qu'il fallait faire le pas ; ton mystère voulait faire tomber le voile.

    Promis, je froisserai pas les toiles de l'avenir, la prochaine fois.

    Promis, l'aube ne se floutera pas, d'un coup, comme ça, sur une dernière seconde.

    La vie m'a tendu la main, les règles des humains m'ont tenue, là, à distance ; en tout cas, tu m'auras appris ça.

    Tu m'auras cassé cette chaîne là, mon apparition, mon illusion, ma frégate en proie aux vagues ; un soir, tu lèveras les yeux et tu verras que, juste au-dessus des yeux, à deux clignements de paupières, brille un soleil qu'est pas près d's'éteindre.

    Et si par mégarde tu t'endors, tu pourrais bien la sentir, cette lumière, des disparus qui brûle en toi et qui n'attend que d'embraser l'obscurité pour te révéler la plus belle aube de tous les temps. Ton apocalypse à toi.

    Ton miracle.

    Alors merci, de t'être posé là, papillon d'une nuit, sur mon fil ; merci parce que j'avais failli oublier que la liberté m'avait emporté, que j'avais failli oublier qu'mon coeur est roi.

    A une apparition, comme une bougie, qu'a brûlé en une nuit ; comme une apparition d'hier qui m'a montré le ciel et tu "c'est par là".

     

    Maéli. 

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