• Lettre, du haut d'un toit

    Tu penses vraiment que tout recommence, qu'on revient au point de départ, que j'ai tiré les dés et que ça y est, t'as r'chopé mes pensées ?

    Eh, dis-moi, le ciel qui pleure, c'est toi ?

    Et le grain de sable qui fait descendre la lumière avant la nuit, c'est toi aussi ?

    Je te cherche ou tu me trouves ?

    Y avait de quoi y croire, à l'autre histoire, mais si j'ai bien compris, l'équilibre a été rompu depuis longtemps, mais pour une autre fois, ça a fini pareil ; ma porte a été défoncée y a que'ques nuits déjà, et je crois que je m'en r'mets pas.

    J'ai jamais cru aux situations désespérées, mais là, tout c'que j'veux dire, c'est que voulez-vous que j'vous dise...

    Dans un soupir, dans un silence.

    Je m'essaye à appuyer les silences, à marquer mes temps mes silences à écouter un peu l'air qui se dessine autour de mes lignes, je m'essaie aux portraits, je m'applique aux coloriages à tenir mes mots et ne pas salir mes promesses ; je caresse mes toiles avec mes doigts, parce que rien ne me ramène plus à la vie que ces hauteurs que j'atteins, avec les pinceaux, avec les couleurs 

    Je joue à la marelle, à la corde à sauter, j'invente, à pieds joints, cloche pieds, je sais pas quoi faire mais en fait j'attends que le grain de sable qui a coincé ses rouages s'en aille, comme par magie alors que mes mots pourraient en défaire une partie ; mais c'est dur, tu comprends ?

    Vous êtes pas comme des fantômes, mais comme des images, qui parfois reprennent vie, et là je sens une odeur, entends un rire, au loin des blagues, et le bonheur fait frissonner mon cœur ; et le présent m'aspire et je me dis que j'ai peut-être pris le temps dont j'avais besoin, que ça devient p'têt' lâche.

    Et le ciel se découvre, les nuages quittent l'horizon, tu es comme un autocollant, derrière mes paupières, qui prend la place de mes pensées, du refuge de mes iris recouvert par un voile fin ; et la rosée refuse de te décoller.

    Tout est calme, dans la ville, vue d'en haut des toits, bientôt quatre printemps que nos étoiles sont entrées en collision, et pourtant...

    Dans quelques heures, les lampadaires vont s'éteindre, des fleurs ont fané, depuis, tu sais, j'ai aimé, je me suis perdue, j'me suis fait ré-aiguiller, je les ai perdus, j'ai éclos, le monde s'est tu, mais peut-être serait-il temps que tu penses à refaire quelques pas de danse sur ma piste...

     

    Maéli.

    Ps : Apocalypse d'ici la fin de la semaine

     

    « HarmonicaJ'ai peur »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 25 Mars 2015 à 06:52

    Allers-retours, peines et joies, hauts et bas. Une partition irrégulière pour des émotions en continu. Du haut de ton toit, tu les dépeins par la couleur de tes sentiments.

    Très beau texte qui me laisse des frissons.

    2
    Mercredi 25 Mars 2015 à 13:57

    Merci beaucoup pour te p'tits mots de passages :)... Ça fait longtemps que j'ai pas vu de textes à toi, tu fais une pause ?

    3
    Mercredi 25 Mars 2015 à 14:04
    Si je publie toujours sur mon blog et celui de Perle37.

    C'est toujours avec plaisir que je commente tes textes :)
    4
    Mercredi 25 Mars 2015 à 17:44

    Quelle belle inspiration! Quand j'te lis ça a l'air aux premiers abords d'un amas de pensées, j'continue la lecture sans savoir si y a une suite ordonnée à tout ces éléments, puis à chaque fois oui, fin tout prend un sens. J'finis ma lecture et là j'me rend compte que j'me suis évadée. Tu permets l'évasion, sentiment éphémère mais bien présent que j'ai encore ressenti ici. Alors je le dis maintenant. Et surtout continue, continue, continue, t'as du talent ;)

    5
    Vendredi 3 Avril 2015 à 17:29

    Tes mots me font presque rougir, merci, merci, merci :) 

    Je ne compte pas m'arrêter de si tôt, promis ;)

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