• Il m’arrive parfois de fermer les yeux, et tu es juste là. Tout près. Je pourrais te toucher. Je sens la chaleur de ton souffle sur ma peau d’où je me tiens. Je frissonne.

    Les yeux clos, plus rien n’existe, n’est-ce pas ?

    Le soleil brille sur ma peau et je cours me jeter dans tes bras ; le vent joue avec mes cheveux et tu me serres comme pour m’empêcher d’aller nulle part ailleurs.

    Il m’arrive parfois, dans le creux d’un silence de voir ton sourire se dessiner sous mes paupières ou de t’entendre parler ta langue.

    Mais tu n’es pas là, n’est-ce pas ?

    Il y a un endroit, au fond de l’océan où je pourrai toujours retourner, le soir, si je ne trouve pas le sommeil ; car je sais que tu as laissé un peu de toi parmi les coraux. Le sable brûlant frotte contre mes pieds et me ramène ici, au milieu de présent.

    Il y a des instants comme ça, où je m’égare, dans l’espoir de te retrouver dans un monde parallèle.

    Pourtant, il fait si bon sur la terre ferme. Alors je marche longeant le rivage ; nos chemins se recroiseront bientôt.

    Maéli


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  • Tu sais, c’est pas ta faute tout ça.

    Je me suis un peu emmêlée les pinceaux. J’ai trébuché. Je voyais plus trop où j’allais, je ne savais pas vraiment où j’allais en fait.

    Je te garde bien au chaud dans mon cœur, comme un joyau.

    Mais parfois, quand il fait frais le jour et que les cernes dessinent leurs valises sous mes yeux, je frissonne un peu et j’aimerais bien que tu sois là. La soirée s’allonge et j’attends ta réponse ; pendant plusieurs jours parfois.

    Je dérive à attendre trop longtemps. Des souvenirs d’un autre temps y font écho ; des souvenirs que je me suis promis de ne pas revivre.

    Je me suis sentie prise entre deux feux, ne voulant ni l’un ni l’autre et dis-moi, je ne t’ai pas inquiété ?

    Tu me manques et ce n’est pas ta faute.

    Maéli


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  • Quand le doute vous prend et vous emporte sur ses rivages,  un tourbillon vous entraîne, jusqu’au fond des mers. Je cherche la petite sirène dans les profondeurs. J’aimerais m’accrocher à mes rêves d’enfant, à mes espoirs.

    J’ai retrouvé la surface mais le vent souffle dans mes cheveux et je regarde au loin, j’aimerais voir au-delà de l’horizon. Mon cœur dérive sans navire. Mon cœur chavire sans raison.

    Passé, présent et futur se mêlent ; rêves, peurs et espoirs se mélangent. Ça ferait de belles couleurs pour un tableau flamboyant. Les émotions éclatent, pareilles à des pétales écarlates sous mes paupières.

    Mes pensées ne m’amènent nulle part et le murmure de mon cœur n’est plus qu’un souffle sous les hurlements du vent.

    J’ai laissé quelques mots faire trembler un édifice.

    Les vagues s’écrasent sur les rochers. L’écume vient éclabousser mes pieds nus et mon corps habillé. Il fait froid et les nuages ont tissé leur toile dans le ciel ; mais ça n’a pas d’importance, ma peau est anesthésiée. Le temps et la douleur.

    Un vrai tableau romantique.

    Mes certitudes sont bien enfouies dans un hier ; mais qu’est-ce qui me rendait si sûre ?

    Ma cage thoracique n’est plus qu’une grotte inhabitée où résonne le moindre chuchotis ; où le feu sacré vacille, vacille sous les à coups du vent. Le feu sacré s’est fait toute petite flamme.

    Où est passée la joie d’être en vie ?

    Je frissonne.

    Tu es si loin aujourd’hui. Je t’ai fermé la porte de mon port et tu es l’ancre de mon navire ; mais la tempête fait rage dans un silence meurtrier, et rien ne paraît te troubler.

    Ne t’inquiète pas pour moi, j’aurais toujours les mots, la peinture et la musique pour remplir ton absence, lui faire face, la regarder dans les yeux.

    Ne t’inquiète pas pour moi, mais méfie-toi, il se peut qu’un jour tu te retournes et je ne sois plus là.

    Maéli


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  • Peut-on mettre des mots sur l’absence ?

    Le temps, ondule par vagues et je dérive.

    Dans mes mains le sable s’effrite et se perd dans le vent. Il revient à la dune auquel il appartient.

    Je voudrais coller des mots à ce qui nous relie, pouvoir le placer dans l’espace et le temps, mais rien à faire, tout s’échappe. Les mots s’envolent et se transforment en mouvements ; ils sont la marée qui lèche le rivage, le soleil qui brille à son zénith, la tempête de neige. Le volcan qui éclate en un feu d’artifice.

    J’en perds le nord. Ma boussole était mon cœur mais je ne sais plus la lire.

    Je ne peux pas t’écrire ; tu te rends compte de la frustration que tu représentes ?

    Peut-on nommer l’ineffable ?

    Comment dit-on que tu me manques sans le dire ?

    Le sable retournera à sa dune, et si jamais, un matin tu ouvres ta fenêtre et que sur le rebord quelques grains se sont égarés, alors tu sauras que je ne t’oublie pas.

     

    Maéli


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  • La colère comme un manteau drape mes pas ; les flocons se transforment en pluie au contact de ma peau. J’ai la braise au fond des yeux. Je me sens pareille à un bulldozer dans la rue.

    Mon cou craque. J’inspire profondément.

    L’air fume autour de moi.

    Mais qu’est-ce que tu veux ? Que je devienne quelqu’un d’autre car qui je suis ne te convient pas ?

    Oh mais quelle idiote, un peu plus et je disais oui ; je courbais l’échine. Encore à troquer ton âme pour un peu d’amour…

    Un volcan bouillonne et craquèle mon cœur. Quand comprendrai-je enfin la leçon ?

    Va voir ailleurs si tu veux quelqu’un d’autre.

    Je perds mon temps et mon énergie ; je m’use à être celle qu’ils attendent de moi pour quoi ?  Un peu de tendresse, une caresse ? Un peu d’amour, la certitude que tu restes ?

    A chaque fois, je me dis qu’on ne t’y prendra plus à croire aux promesses, à te laisser attendrir par les toujours et les jamais, et à faire pour « faire plaisir »…

    Mais dès que j’ai le dos tourné, je te retrouve encore à quémander un peu d’amour, au détour d’un service, dans le creux de quelques heures ; mais les gens ne restent jamais longtemps, n’est-ce pas ?

    S’ils ne t’aiment pas pour qui tu es vraiment, alors tu peux être sûre qu’ils ne sont que passagers.

    Maéli


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  • Je suis rentrée et j’avais envie d’écrire. Vous savez quand c’était la dernière fois que ça m’est arrivé ? Pas moi.

    Le soleil brille, haut dans le ciel, il danse dans les bras des arbres et se dérobe à nos regards ; cligne cligne des yeux et fais tourbillonner ta robe, car l’été est arrivé sans frapper et l’on ignore pour combien de temps il va rester.

    Les oiseaux chantent et les gens sourient et nous sommes heureux sans raison. Car là est peut-être enfouie la cause du bonheur le plus grand : il n’a pas de raison.

    Il échappe à tout raisonnement mathématiques ou de causes conséquences, c’est bien pour cela que les artistes et les amoureux ont trouvé le bonheur là où il les attend : dans leur demeure intérieure.

    Les fleurs éclosent et tourbillonnent dans le vent, je me laisserai bien porter. Mon esprit est ailleurs, toujours prêt de toi, et pourtant il fait bon d’être ici.

    Je vis entre deux mondes et je me suis égarée en cherchant le chemin du retour. Mon étoile du nord avait changé de position.

    Ce soir, je suis rentrée et je n’avais rien à raconter, j’ai fait comme avant. Les mots m’attendaient, dans les tréfonds de mon âme. Mon trésor.

    Il fait si bon soudain de respirer.

    Maéli


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