• Avant que tu n’arrives, tout allait bien. J’avais trouvé mon prince charmant : mon coeur rentrait dans les rails.

    T’as posé tes mains sur ma peau et il était trop tard. Je pouvais dire ce que je voulais, mais quand je t’ai quitté, tout a déraillé. Je rêvais de la mauvaise personne, le monde était à l’envers et je me réveillais en pleurant.

    A quoi servent les mots ? Avec eux j’ai construit un conte de fées qui s’est écroulé ; un mensonge qui m’a sauté à la figure.

    M’ont-ils trahie ?

    Je t’ai enfoui dans un tiroir, et chaque fois que ton regard s’imprimait sur mes paupières, je les fermais, fort, pour surpasser la douleur qui pressait mon monde intérieur.

    Avec la complicité des mots, j’ai tissé une existence qui menaçait de me détruire.

    Les fils de ma tapisserie ont cédé et je ne sais plus quoi faire.

    Mais quand je ferme les yeux, je ne suis pas là, je suis de nouveau dans tes bras. Ce qui m’est tombé dessus avec toi, c’était que je ne savais pas ce qu’était l’amour.

    L’amour, ma balise et ma bouée en mer ; ma boussole et mon châle l’hiver, égaré au milieu de la neige et de tes baisers.

    A quoi servent les mots aujourd’hui ? Tu les as coiffés au poteau.

    Maéli


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  • https://www.youtube.com/watch?v=Wk008ADh4iY

     

    Comme un cri de rage.

    Orage sans colère. La pluie s'est abattue sur les toits. Un chien aboie au loin. La douce musique de la pluie sur les fenêtres me ramène à mon champ de bataille ; à ma grenade dégoupillée nichée dans ma cage thoracique.

    Je voudrais hurler à la Lune que peu importe le temps et les kilomètres, je ne crois pas à tout ça. Pourtant, quand je ferme les yeux ou que je regarde dans un miroir, ce sont tes pupilles que je vois. 

    Aussi claires que l'océan.

    Même si tu n'es pas là, tu es partout avec moi.

    Je voudrais me mettre au milieu de la route et crier au monde l'injustice de ton absence ; me faire prendre en flagrant délit par les feux d'une voiture et te dire que je t'aime.

    Non, je ne dirais rien de tout ça. Ni que tu me manques ni que je tiens à toi ; je ferais comme si je pouvais me passer de tout ça.

    Le chagrin et la colère se la jouent au bras de fer, mais les seuls bras que je veux ne sont pas là. C'est le seul endroit où je me sens vraiment vivante et je voudrais m'embraser et je voudrais vivre mais il me paraît que je ne sais pas vraiment ce que c'est...

     

    Maéli

    qui regoûte aux mots; doucement mais sûrement


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  • Je n'ai pas arrêté d'écrire. J'ai simplement cherché ma page, entre les lignes; j'ai cherché ma place dans ce qu'on appelle l'existence. 

    Je n'ai pas arrêté d'écrire. J'ai vécu quelque chose qui dépasse les mots. Alors je suis restée, à fixer mon écran d'ordinateur sans pouvoir toucher les mots ; sans qu'ils ne sonnent juste.

    Je n'ai pas trouvé grand-chose, à vrai dire, je me fraie un passage, à la recherche du ciel. Il me faut du bleu et de l'infini ; des étendues vertes et des océans. Des forêt pour crier à pleins poumons et effrayer les loups qui tentent de faire leur empire dans mes montagnes ; et des champs de coquelicot pour rire à pleins poumons et courir nus pieds sans m'arrêter.

    La liberté. 

    Je ne suis pas revenue ; je ne suis jamais partie. Je m'égare dans mon cœur, au milieu des ruelles et des sentiments ; une ville entière se déploie dans mon intérieur ; la vois-tu, dans le creux de mes yeux, quand tu arrives à saisir mon regard ?

    La vérité c'est que je ne sais plus pourquoi j'écris. 

     

    Maéli

    De retour ?


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  • Je m’étais promis que je ne te le dirai pas mais tu me manques.

    Pourquoi est-ce qu’il faut que je parte ? Encore une fois… Dis-moi, mon cœur, pourquoi est-ce que je dois te laisser derrière moi ? Te laisser à ton existence et récupérer la mienne, vivre dans deux compartiments différents, comme si rien de tout ça n’était entré dans mon existence.

    Dis-moi pourquoi ?

    J’ai tout mis au placard, la douleur et le chagrin parce qu’il faut vivre, n’est-ce pas ? Parce que je ne suis pas censée t’aimer, parce que ça ne devrait pas arriver…

    Mais tu sais, toi, que même si je tourne la tête quand tu m’embrasses, même si je te demande d’arrêter, ce n’est pas que je te rejette mais que tu me fais trembler, mais que je risque de prendre feu dans tes bras.

    J’ai calfeutré la maison, fermé les portes de mon âme, mais tout tremble quand même, mais je ne peux plus prétendre que je ne t’aime pas.

    Je joue à cache cache avec toi, tes bras me manquent. Ton sourire, tes yeux, ta manière de me prendre tout contre toi ; et cette habitude que j’ai prise de frotter ma tête contre le creux de ton cou quand je m’endors contre toi.

    Ton cœur bat si vite sous mon oreille, et sous tes mains je me sens connaître un désir que je n’ai jamais connu pour personne.

    Regarde-moi encore dans les yeux, de ces prunelles qui me mettent l’estomac à l’envers. Apprends-moi l’amour. A des centaines de milliers de kilomètres de toi, je frissonne en pensant à ta présence.

    Ma vie ici n’a plus le même sens.

    Tu n’as pas pris mon cœur, j’y ai laissé un bout de moi là-bas ; je ne me suis jamais sentie aussi vivante qu’auprès de toi et me revoilà ici chez moi et en terre étrangère.

    J’ai l’impression qu’on m’a refilé une histoire impossible, comme si j’avais pas eu ma dose ou pas assez donné. Je sais que c’est ce dont nous avons besoin, et merde, tu es la première personne que je rencontre avec qui je me dis que j’ai envie de vivre ma vie, j’ai envie de porter tes enfants, merde ça me traverse l’esprit, le corps, ça m’habite les tripes. Merde, c’est le seul mot qui me vient.

    J’ai froid sans toi.

    Maéli


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  • Un battement. 

    Un silence.
    Et encore un battement.
    Tout n'était qu'une histoire de battement. 
    Juste au bon moment. 
    Saisir le temps, le cogner pour le mettre à terre et récupérer notre empire sur ce bout de tissu qui nous file entre les doigts le temps d'une existence. Et puis tout est fini.
    Un battement. Celui d'une paire d'ailes, celui d'un coeur dans sa cage, celui d'une baguette sur la caisse claire.
    La rivière serpente et l'eau clapote contre les rochers. Le soleil brille sur la surface. L'endroit respire la joie. Un battement. 
    L'immuable. N'être qu'un clignement de paupières, qu'un grain de sable dans l'Univers ? 
    Il y a des jours je m'y résoudrais bien. 
    Pourvu que ce battement résonne aussi fort que mon coeur dans mon intérieur, que mon sang palpite dans tout mon corps et que je me sente vibrer. Corde qui crie dans le vide.
    Mais alors j'aurais touché l'éternité.
    D'autres jours je voudrais lancer mon poing au ciel en un cri de guerre et lui hurler que j'allais le déchirer à mains nues. Que, comme une feuille de papier, j'en ferais des origamis de la poussière et des brasiers.
    Qu'à chaque coin de la Terre, j'allumerais des grands feux avec les horloges qui nous dictent le temps qu'il nous reste à vivre pour que jamais mes frères n'oublient de s'embraser. 

    Alors je me réveille.
    Un battement. Je prends conscience.
    Quelques battements plus tard, je suis encore là, scotché.
    Je prends conscience du monde autour de moi qui ne bat plus. Lente agonie. Il n'y a plus de rythme nulle part ; ni danses, ni chansons, ni courses effrénées. Pas même le son des rires qui carillonnent. 
    Je me sens comme un gigantesque coeur qui bat ; quelque chose d'énorme qui prendrait une place immense tellement il dégage de la chaleur. Un feu de la Saint Jean planté dans le métro. Mais, chose incroyable, personne ne semble le remarquer.
    Le cauchemar paraît démarrer. J'en oublie un battement. Je tourne la tête à droite à gauche et scrute les gens uns à uns. Je cherche un regard, une flamme. Rien qu'une braise.
    Deux battements précipités... 
    Je voudrais me caler sur un rythme, sur une chanson. Mais même dans le bruit de pas des parisiens, il n'y a pas de mélodie. Tout est bien calibré sur un temps qui vous ronge les os. 
    Le monde s'est endormi, avachi dans son canapé. Mes battements deviennent terribles avec le désespoir. J'ai peur de me fondre dans la mêlée et d'en oublier un jour ce battement qui me rend si heureuse et si vivante. 
    Je voudrais les faire vibrer. Allumer des feus partout -aux illusions, aux maisons, à leur lit, s'il le faut. Qu'ils se rappellent que nous étions poussières. Et que même si nous y retournerons, nous sommes un immense battement qui bat à l'unisson ; un orchestre façon perfection qui n'est que bonheur.
    J'ai beau claquer des doigts sous le nez des passants, on me bouscule. Battement désordonné. 
    J'ai allumé des bougies et j'ai vu au fond des regards qu'à l'intérieur pas de cendres, pas de braise. Mais une flamme qu'on a réduit au maximum pour la ranger dans une lampe à huile. Pour la protéger du vent et des intempéries, pour la faire durer et ne pas se consumer.
    Une flammèche qui crève d'envie d'un incendie. Mais qu'on a endormie pour qu'elle reste bien à sa place, là où elle ne risque rien. 
    Un battement. Un coup de batterie qui résonne. Rien n'est perdu. Il faut réveiller cette force violente en nous qui n'attend que de rugir pour nous ramener à la vraie vie. 
    Celle qui nous fait vibrer, celle qui nous rend joyeux simplement pour un battement, 

    Je t'aime comme un orage..

     

    Maéli

    J'ai écrit, comme on avait dit et quand j'ai eu finis et que ces mots me sont venus "je t'aime comme un orage", j'ai su que c'était pour toi ma louve. 

    On va rallumer ces feux de joie qui brûlent en nous sans se consumer et qui nous rendent vivantes. 


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  • J'pensais pas en arriver là.

    Je regarde les différentes parties de moi se battre en duel, se déchirer, se foudroyer du regard.

    Je gribouille mais je suis ailleurs. Je lis mais les mots ne font pas sens. Je pense à n'en plus finir. Les émotions s'entrechoquent.

    Je les vois danser sous mon crâne comme des atomes, ou alors des impulsions électriques qui se percutent et parcourent des milliers de kilomètres en des fractions de secondes en des éclats de lumières ; implosent finalement, poussières de peinture senteur d'épices.

    A force de faire un feu la cheminée a presque brûlé et je fixe la cendre, assise sur mon canapé. Plus d'envie. Les horizons se dessinent se découpent et se reforment selon un algorithme qui m'échappe. Tout m'échappe ces derniers temps.

    Ou alors je me suis réveillée d'un rêve. O amère illusion, me voilà en plein désert ; les mirages se troublent ou mes yeux cherchent-ils un échappatoire ?

    On n'a jamais rien retenu. Tout passe.

    Et la seule manière de garder quelque chose de ce qui s'en va, de ce qui est déjà loin c'est de l'imprimer dans son corps. En faire vibrer ces cellules, créer cette mélodie qui vous rapproche des cieux et qui vous garde dans le seul lieu qui vaut vraiment la peine qu'on s'y attarde : maintenant.

    J'ouvre les paupières et je vois à travers le mur de mes rêves -le futur- tout ce qu'il faudrait franchir pour qu'il se concrétise, peut être un petit pas et quoi, la réalité m'effraie ? Frustration.

    Paupières closes à nouveau pour ressentir, visiter ce château intérieur. Pas la volonté.

    Il ne reste qu'un pas, un tout petit pour enclencher la machine. Et si ça ne marche pas ?

    Dialogue de sourd dans mon intérieur.

    On attend que la tigresse rugisse à faire trembler les parois de la caverne, à nous mettre à l'envers et surtout à notre place. Elle fait profil bas depuis que tu l'as réveillée. Elle la joue aux coups d'éclats.

    Je lui ai mis beaucoup de chaînes. Elle grogne.

    Et quelque part, j'aimerais qu'elle sorte enfin, qu'elle les bouffe mes peurs, qu'elle les bouffe mes pensées sur le passé le présent et le futur, qu'elle fasse trembler le temps les mensonges et les lâchetés ; et qu'elle nous ramène à cet instant d'éternité qui ne s'arrête jamais.

    J'aimerais sentir sa puissance et sa confiance pour arrêter le mensonge ; pour en cesser avec la fuite. Faire front.

    Sur mon canapé, dans la pénombre, ma combativité est au caveau. J'ai pas le moral. Paupières closes. Ailleurs. Nulle part. Vide et pourtant mes pensées passent de films en films, différents personnages différents scénarios passé présent futur. Elles jouent à saute mouton entre suppositions, désirs et peurs. Elles ont leur vie propre et s'agitent là où je ne peux leur échapper.

    Il suffit d'un instant d'inattention.

    De mon entre-deux mondes me parvient un bruit entêtant. La mélodie d'un combat dans mes tripes. Comme des chaînes qu'on essaie d'user par un mouvement répétitif ; comme l'aube d'une nouvelle liberté.

    On a décidé de faire un nouveau feu dans la cheminée, en attendant. On a décidé de de remonter les manches et d'enfiler de nouveau les bottes. On avait un motto : ne pas s'arrêter juste avant le miracle.

     

    Maéli


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