• J'ai lancé mon poing dans la direction de la mâchoire de Zia ; comme un con qui s'en fout du monde autour de lui. Comme un gars qui voudrait dynamiter ce qui lui reste d'avenir ; ou peut-être pour rendre réel ce qui se passe en moi.

    Ce serait bien la preuve que je ne suis pas fou, hein.

    Monsieur Zayibiden s'est interposé. Dans son costard noir cintré, il a fait barrage de son corps, il a gueulé :

    -Nathan Cilza !

    L'autorité dans sa voix a fait naître un sourire malin sur mon visage, il a appuyé sur un bouton ; déchaînement de violence. Je m'en fous des dégâts. Je suis un dégât.

    -N'y pensez même pas.

    Un sourcil levé, il m'a regardé, imposant par son autorité.

    J'ai hésité. Il ne m'en a pas laissé le temps.

    -Suivez-moi.

    J'ai obéi. 

     

    Maéli

    Désolée, j'ai pas trop eu le temps finalement...


    votre commentaire
  • https://www.youtube.com/watch?v=2e5CArwBKMU

     

    Qui a dit qu'un piano ne pouvait jamais se mettre en colère ?

    Allez vous faire voir.

    Et la mélodie résonne sous mon crâne, ça fait des mois que mon intérieur est une caisse de résonance ; ça fait trois mois que tout s'enterre dans mon cœur. Ou ma tombe.

    Parce que c'est vrai quoi,je n'ai plus de cœur, j'ai un tunnel où le vide me lancine et auquel la douleur se heurte, un gruyère peut-être, mais un cœur ?

    Mon sourire s'est fait la malle où tu n'es plus devenu qu'un souvenir.

    J'ai donné un autre coup. ça m'a fait mal au poignet, ça a suffi à étrangler la voix horrifiée dans ma tête qui voit les yeux de Marc tourner blanc ;mais j'ai perdu tout sens de la réalité.

    Je n'ai pas senti le changement d'ambiance autour de moi, le début de colère qui succède aux murmures et aux ragots ;la curiosité s'est soudain envolée pour une inquiétude paniquée.

    Des sanglots ont éclaté et j'ai suspendu mon geste, un instant, croyant qu'ils venaient de moi. Une fois que j'ai été sûr que ce n'était pas le cas, je me suis penché de nouveau sur le pantin sous moi. Marc.

    Son sourire. Un flash. Une bière, tard le soir, sur le toit d'un musée. Un interdit transgressé. Encore des images.

    J'ai mis au feu la pellicule dans ma tête. Les amis ça n'existe pas. C'était censé être la seule chose tangible dans ma vie et voilà qu'ils prennent le vent. Poussière.

    Je voulais frapper fort, cette fois et l'on m'attrape par l'épaule, et dans mon élan, je donne un bon coup de poing bien senti dans la mâchoire.

    Je me sens comme un boxeur sur le ring, et l'adrénaline et rien ne m'arrêtera. Mais la fille vole, elle heurte le sol en un bruit mat et ses cheveux bruns, je les reconnaîtrais parmi n'importe qu'elle foule et ma colère se fait la malle, pour un instant; les yeux écarquillés.

    Elle se retourne vers moi. Je croise son regard, c'est toujours le même océan ; mais cette fois,c'est le déluge, qui me découpe en deux,sur place, c'est la foudre qui veut me clouer au sol.

    Et ce sont les larmes, aussi, qui frappent à la porte et commencent à déborder du vase ; la douleur s'imprime sur son visage et sa main presse sa mâchoire.

    Le silence vient apposer ses doigts juste là où il me restait un peu d'espace vital, un peu d'air. Ma respiration s'accélère.

    Je n'aurais jamais dû faire ça.

    Et puis Zia s'interpose,c'est bien son genre de faire ce genre de chose; elle est casse gueule la Zia. Elle fera punching ball s'il le faut mais elle ne me laissera pas toucher une seule autre fois à quelqu'un qu'elle aime.

    Quelque part ça me rassure, ça me calmerait presque de savoir qu'elle ne me laissera pas blesser encore ceux que j'aime.

    Alors elle gueule:

    -Mais t'es devenu fou ma parole, Nathan ! Qu'est-ce qui te prends ? Tu veux tous nous tuer ou pas ?!

    Elle a pris les frontières de mes blessures, et elle les a grand ouverte ; écartelé vivant. La colère la culpabilité la fragilité.La colère.

    La bête en moi a refait surface.

    La douleur m'a ramené aux Enfers. Elle veille à ce que je n'en sorte pas.

    Bien.Donnons-lui un coup de main. Cédons encore à la faiblesse,puisque la vie on la subit.

    J'ai lâché prise.

    La mélodie a résonné dans mon crâne, plus forte que jamais.

     

    Maéli

    La suite de Survivants


    2 commentaires
  • "Lay my body down", Rag n bone man

     

    Et la violence.

    Il me tient fermement par les épaules, et jette mon corps tout entier contre les casiers. Tout mon corps vibre. Mes cellules résonnent de cette colère en moi.

    Et la rage sur son visage.

    Il m'attire vers lui,je me prends son haleine chaude en pleine face,le monde tangue un peu ; un murmure haineux qui s'infiltre le long de mon coup. Frisson.

    Il m'encastre de nouveau dans le métal. 

    "C*nnard !"

    Le monde tremble. Je l'encaisse, la tête rentrée dans les épaules. Je suis encore sonné de notre collision. 

    Je n'ai pas le temps de réagir.

    Tout est flou,rien ne s'emboîte parfaitement ; et pourtant.

    A peine ai-je repris mes esprits,qu'il m'agrippe encore plus fort,comme s'il lui fallait sentir la douleur qu'il m'infligeait. Ou qu'il avait besoin de se sentir bien là, réel.

    -C*nnard c*nnard c*nnard ! Mais merde enc*lé !

    Au rythme de ces insultes, il me secoue comme un prunier et je heurte les casiers, comme une litanie ; il pleut sur mon crâne ce désespoir.

    Je m'en fous des autres qui s'arrêtent pour nous regarder, de l'autre con qui filme, de mon corps qui hurle ; je suis occupé à autre chose.

    Je photographie la douleur.

    Je la glisse entre les pages d'un bouquin ; je mémorise où quand comment.Les sensations, les craquements ; les déchirements de mon cœur. Et cette douleur, cette violence, oooh comme une page blanche qui prend feu d'elle même ; 

    comme ce vide en moi qui hurle

    et je le laisse me transpercer

    De    p   a     r       t    s       e n              p  a   r     t      s, découper le puzzle de ma raison, je pars en pièces ; je suis à terre. Poussières de verre. La voilà, la souffrance,qui sort de son trou et qui me lacère de l'intérieur. Elle en a fini de sa lâcheté, la voilà parée de toute son évidence et sa dureté.

    Enfin, elle cogne et vient toucher mon monde extérieur.

    Après tout, je l'ai mé  r  i  t    é.

    ça fait des années qu'on fait les comptes, qu'elle se terre à l'intérieur. Mon autopsie : une ruine, le garçon. 

    Mais je plante mes pieds dans le sol, j'ai toujours attendu de pouvoir répliquer. L'injustice me lance. Douleur. A mon tour de la boxer de la mettre à terre et de ricaner.

    C'est pas parce que j'ai jamais dit un mot, que j'ai serré les dents que j'ai pas les tripes qui bouillonnent. Et ceux qui rient et nous entourent. Vous voulez un ring ? Si la vie croit qu'elle peut frapper, comme ça, dans les rangs ; en prendre un sans décimer le régiment, alors elle a rien compris.

    J'ai sorti les crocs.

    Ses mots déferlent encore sur moi ; on dirait un marteau qui veut enfoncer une carotte. Je suis déjà aux Enfers,mec.

    Et ce que tu dis-là, c'est ma bande son quotidienne. Quand je me brosse les dents, quand je dors,quand je mange ; quand je cours, quand je suis censé réfléchir ou m'aérer, quand elle rit et quand tu pleures.

    D'un mouvement brusque,je me suis débarrassé de son emprise. Je l'ai poussé à terre. Il a heurté le bitume en un bruit mat. C'est étrange comme nous oscillons entre les larmes et la rage.

    Il est trop tard pour hésiter ; j'ai ouvert grand les vannes et les voiles. 

    J'ai mis mon monde à l'envers dans le premier coup. Et puis j'en ai donné un second. Il a commencé à saigner.

    Une voix s'est brisée, quelque part. Je me saccage de l'intérieur à faire ça. Mais je m'en fous ; je suis déjà un débris, un cadavre, un déchet.

    Mon pote ? Comment ça mon pote ? 

     

    Maéli

    Vent d'inspiration

    La suite bientôt :*


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique