• Une fille

    Un jour, j'ai rencontré une fille.

    Un peu comme moi, sur un ptit bout de fil.

    En équilibre, aux bords des larmes, aux bords des lames ; elle était tombée du ciel.

    Elle voulait battre des ailes ; mais avec des bleus pareils, des lambeaux de plumes qui voletaient dans l'air et se déposait sur l'autre rive, avec un silence comme horizon, comment pouvait-elle remonter là-haut ?

    Cette fille, elle a un ptit nom mais c'est bien plus qu'elle m'a donné.

    Je lui ai tendu la main, je lui ai juste donné ma confiance, mon ptit cœur fêlé et mon épaule pour y poser ses soucis.

    Jlui ai prouvé que le monde s'en fout pas d'elle, qu'elle compte, que c'est ma ptite fourmi à moi, que j'aurai fait ça pour n'importe qui ; jlui ai tendu la main, jlui ai fait la courte échelle de mes enfers.

    Mais ce qu'elle ne sait peut-être pas, c'est qu'elle m'a donné un ptit bout d'étoile, une étincelle, une autre et encore une autre, une ptite graine dans mon désert personnel.

    Je l'ai faite parlée et elle m'a tendu son silence, on a brisé des murs, fendu des boucliers, on a parcouru un ptit bout de chemin étouffées par des "je t'aime" jamais dit.

    Elle a fait beaucoup pour moi. J'ai fait beaucoup pour elle.

    Alors ptite fille, si tu me lis, ce texte il est pour toi ; ma belle, ma bulle de savon, ma courageuse, ma silencieuse, mon grain de sable.

    Dis-toi que je suis en face de toi et que mes yeux sont plantés dans mes yeux. Ne te laisse pas aveugler par les larmes qui risquent d'y couler, écoute ma voix, entends-moi.

    Relève-toi, relève ta ptite tête ; flanche pas, te laisse pas envahir par ce noir, jte laisserai pas partir, tu m'entends, jte tiens la main, je serais toujours là.

    De ton donjon, tu sortiras ; on se battra.

    Demain, heureuse tu seras ; perçois le bruit de mes armes qui arrivent.

    Trébuche et je trébuche avec toi, pleure et mes larmes seront là bien avant les tiennes, tombe, bascule dans le vide et je descendrai t'y retrouver, je serai ton tremplin, ta fleur dans le désert.

    Ptite fille qui est aujourd'hui mon amie, lis ces mots et grave-les dans ta mémoire ; on ne connaît jamais les gens.

    Aujourd'hui tu perds une amie, un bout de toi s'en va, emportant un morceau de ta vie ; mais n'oublie pas, nous sommes-là. Les gens nous surprennent toujours, aujourd'hui, elle a crié son trou noir, comment aurais-tu pu savoir ?

    Elle n'a jamais montré ses cicatrices, elle a toujours voulu être parfaite et tu le sais. Elle s'est juste drapée de l'habit qui lui semblait si beau, mais qui en-dessus est criblé de trous.

    Un jour, peut-être, elle ne fera qu'un avec cette robe, mais là, donne-lui une seconde chance ; hurle-lui ta douleur et laisse-la parler, laisse-la apprendre et dis-toi, qu'au final, celle qui aura le plus mal, c'est elle.

    Alors si tu pleures, ne pleure pas que pour sa victime ; pleure pour le bourreau, parce que c'est lui qui cauchemardera, lui qui se tue, lui qu'on rongera et qu'on reniera.

    Je t'aime ne l'oublie pas.

     

    Maéli.

    PS : Pour toi, p'tite fille..

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