• Dis, c'est quand qu'on se voit ? 

    Dis, tu me prends dans tes bras ? 

     

    Je suis restée plantée là, le coeur comme un boulet dans la cage thoracique, jusqu'à ne plus te voir. Tu as fini par disparaître, au loin. 

    Je suis restée plantée là, un océan de larmes coincé au bord des yeux. L'écume du temps  murmurant un au revoir salé ; un frisson, j'ai pris mes bagages et je suis rentrée à la maison.

     

    Ton parfum s'accroche encore à moi ; ton souffle, ta peau contre la mienne. Le vent l'emportera, comme des milliers d'étoiles cristallisées dans mon coeur.

    Je voudrais bien que tout ça ne finisse pas vraiment.

     

    Tu me manques déjà. 

     

    Je t'aime.

     

    Maéli


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  • Ton souffle sur ma peau.

    La chaleur de tes mains tout autour de moi.

    Tu as pris l’avion, mon amour, tu t’es envolé ; les larmes de mon cœur ont coulé. Je voudrais hiberner un mois, garder cette chaleur dans mon cœur ; il bat si vite.

    Un frisson. L’espace est vide ; le temps creux. Tout résonne autour de moi ; dis, tu t’en vas pas pour de vrai, hein ?

    Prends-moi dans tes bras. Une dernière fois.

    Oh, quand tu fais ces yeux-là, je ne peux pas résister. Le chagrin est arrivé et a tout emporté sur son passage, sauf mon amour pour toi, mon ancre mes racines ; mon ange mon essentiel.

    Oh, tu es imprimé sous mon crâne, nos visages tourbillonnent sous mes paupières ouvertes, tu danses sur mon corps, sur ma peau et pourtant tu n’es pas là. Oh, douce réalité qui m’a emportée.

    Reste un peu plus longtemps. Soyons fous soyons sauvages encore un moment.

    Il y a comme une tristesse insondable noyée dans ma cage thoracique, la voilà qui grimpe les murs, elle cherche mes yeux. Mes joues tremblent un peu. Mais pas de pluie, pas de larmes sur mes lèvres asséchées ; mon chagrin semble prisonnier et t’aimer m’a rendu ma liberté.

    Tu as dû atterrir à cette heure-là, retrouver quelque chose de familier ; j’ai des grains de folie sur la peau et des traces de cette nuit. Un nuage en moi se dispute au calme qui s’est fait ; un nuage qui voudrait exploser de chagrin, la paix de s’aimer enfin.

    Mon rire résonne sur les parois de mon crâne ; tu es si beau quand tu souris, si beau quand tu boudes. Si beau quand tu vis. Oh mon cœur qui bat.

    Laisse-moi t’aimer encore une fois ; ne t’en vas pas.

    Tu es encore tout contre moi et tu n’es pas là.

    Maéli


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  • Je n’écris plus. Mais qui fuis-tu ?

    Les gouttes de pluie s’échouent sur les toitures et cheminent dans les gouttières. Elles se déversent de la gueule des gargouilles et s’écrasent sur le trottoir. Nouveau rivage.

    L’orchestre dans mon cœur a perdu de son intensité. Je suis un peu ailleurs.

    Je pense à toi. A moi, à nous, à demain ; et puis j’essaie de revenir à maintenant, inlassablement. Je me dis redescends, mais reviens donc sur Terre parmi nous, mais que fuis-tu donc ?

    Je ne ressens plus les choses avec la même force.

    Hier, ce cri m’aurait fait chaviré, m’aurait écrasé, verre qui se renverse et explose. Mille éclats d’une personne sur le sol.

    Je me demande si tout va bien si tout est normal. Je me demande si c’est ça grandir. Je me sens plus solide sur mes pieds.

    Je me sens comme dans une salle plongée dans le noir, jouant du violoncelle, dans un silence ; un si grand silence que la musique habite mon cœur, d’où rien ne pourra la retirer. Ancrage.

    Le mot écris n’est plus aussi évident, je fais l’anguille, je saute de carreaux en carreaux pour ne pas marcher sur les lignes. On tourne autour du pot. On sait bien, les mots et moi que rien n’est jamais lisse, rien n’est jamais moyen, qu’il y a toujours moyen de s’accrocher, de riper ; de vivre. Rien qu’un peu.

    L’illusion que le désordre a disparu.

    Ce murmure qui vous dit que tout ira bien. Que t’est-il arrivé ? Qu’y a-t-il de caché dans ta manche ? C’est l’hiver et l’on se couvre.

    Je n’écris plus. Je ne vis plus ? Je ne dors plus.

    Mais quel est ton mystère ? Le besoin impérieux a pris la porte et le combat qui nous attend est dangereux. Tu sais bien que la fois où tu as cru que tu n’avais pas besoin des mots tu t’es égarée bien loin de qui tu es vraiment.

    Je n’écris plus. J’attends, grelottante que les mots viennent m’ouvrir la porte.

    Je n’écris plus. Je dessine l’avenir dans des rêves, j’ai pris les lettres par le bout de mon cœur et je les fait tournoyer sur d’autres rivages.

    Je cherche la voix qui résonne habituellement sous mon crâne.

    Maéli


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  • Je n’ai pas vraiment arrêté d’écrire.

    J’ai essayé de brouillonner un peu. Les mots ont résonné sous mon crâne. Mais impossible de finir aucune histoire. Comme un manque de vibration, d’élan, de souffle ; qui m’aurait permis d’aller jusqu’au bout. Comme un manque d’élégance, d’un pas de danse.

    Mes mots ont toujours eu ce relent amer de douleur, de vieilles cigarettes et épicées d’espoir ; mais je cherche un autre chemin. Je cherche la lumière et non plus la lanterne dans l’obscurité ; je cherche l’étoile en mon cœur.

    Je n’ai pas vraiment arrêté d’écrire.

    J’ai mis les émotions ailleurs. Dans le dessin et dans le grand schème de ma vie. Dans mes rêves, aussi. J’en avais oublié aujourd’hui et maintenant. J’en avais oublié que je ne vis ni demain ni dans les nuages; j’en avais oublié la sensation de la terre contre mes orteils, de mon cœur qui bat et de mon souffle qui entre et qui sort de ma demeure intérieure, sans un murmure.

    Je n’ai pas vraiment arrêté d’écrire.

    Nan, on ne peut pas tout à fait dire ça, je crois. J’ai vécu dans un songe et je me suis réveillée, c’est tout. Et dans un sursaut, j’étais perdue, encore noyée dans mon sommeil. J’avais trahi les mots. Ou eux, je ne sais pas vraiment ; et ça n’a aucune importance. En alignant les lettres on avait construit un mensonge, des châteaux dans les nuages et on avait même dessiné des soleils sur les instants du monde.

    J’ai manqué de géométrie. J’ai décalé le centre de mon existence sur un individu. J’ai toujours voulu sauver le monde mais il ne m’a jamais laissé faire ; j’ai cru que je pouvais le sauver, lui. J’ai toujours cru qu’aimer c’était aller à contre-courant, souffrir dans les vents et marées ; je pensais qu’une histoire d’amour c’était impossible, que quelque part on jouait contre le destin. Que ça ne pouvait être facile, mais qu’on y arriverait ; à deux.

    J’ai saboté mon propre navire pour une histoire qui n’existera pas. J’ai créé un naufrage pour un film dans ma tête.

    Je n’ai pas vraiment arrêté d’écrire.

    J’ai manqué d’honnêteté.

    Je pensais que c’était ce que je voulais. Il était le présent, le maintenant ; l’avenir. Les cartes sont tombées, et je peux dire que j’avais voulu cacher quelqu’un d’autre derrière le rideau de la pièce. Je pensais que ça finirait par s’en aller ; je pensais qu’on devait tous les deux vivre, que ça nous éviterait de souffrir et je ne voulais surtout pas saboter ce conte de fées qui venait juste de commencer.

    Je savais que c’était plus fort que nous. Je pensais que si je ne revenais pas, que si j’arrivais à me priver de ce bonheur alors tout irait bien. J’avais pas encore compris que t’étais imprimé en moi.

    Je cherche la vérité. Je cherche la liberté. Je cherche mon histoire.

    Je ne suis pas perdue, je reviens.

     

    Maéli

     

    Qui prend son temps. Et qui essaie depuis quelques jours de surmonter ses problèmes d'internet pour partager ce texte avec vous... 


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  • La pluie chantonne sur le goudron. C’est l’averse et j’entendrais presque le tonnerre gronder.

    Je frissonne.

    Une main pour maintenir mon manteau bien fermé, je frappe à la porte, d’un coup timide.

    Mon monde part un peu dans la gouttière, lui aussi. Je clos mes paupières, le temps de quelques secondes. Je n’arrive pas à déterminer la provenance de l’eau sur mes joues ; je crois que je préfère l’ignorer.

    Je suis trempée de la tête au pied ; depuis le temps que j’attends devant chez toi.

    Mes pensées font des aller-retours, c’est le match de ping pong avec mes peurs.

    Elles m’ont laissée sur le bord de la route, à trembler, complètement trempée ; épuisée. Elles m’ont essorée, jusqu’à revenir à l’essentiel, à ce bout de moi-même que j’essaie de cacher sous des couches de vêtements.

    Tu crois aux étoiles ?

    Même si j’avais voulu, je n’aurais pu faire autrement ; car soudainement un grand feu s’est allumé dans ma demeure intérieure. Un rayon de soleil m’a tendu la main ? Je ne peux toujours pas mettre de mot sur l’instant qui m’a saisie.

    Je savais que tu allais ouvrir la porte.

    Les barrières sont toutes tombées d’un coup et je me suis demandée pourquoi j’avais eu peur. Soudainement, il n’y avait plus ni angoisse ni nœud dans ma cage thoracique ; il n’y avait que l’espace de l’infini et ces mots si denses qu’ils feront toujours déborder mon cœur… Tu m’aimes.

    Fais-moi une place, que je te raconte d’où je viens et vers où je vais ; emmène-moi dans un ailleurs qu’on se rappelle qu’on s’aime et qu’on vive ensemble l’aventure d’être à deux.

     Donne-moi une chance, tu verras qu’on peut le faire, qu’on peut construire quelque chose de beau ; que l’univers nous attend.

    Prends-moi dans tes bras, rien qu’une fois et je ne te lâcherai plus jamais.

    Le puzzle s’emboîte sous mon crâne et je revois tes deux yeux se poser sur moi ; pour la première fois et puis celle d’après et celle d’encore après. Je me rappelle de la lumière entre nous deux, de ta chaleur ; de nos deux cœurs qui se percutent sans cesse.

    En un éclair, tout avait disparu : le doute, les peurs, l’espoir. Il ne restait plus que ce qui est ; plus que deux personnes dans une pièce mal éclairée. On a semblé poser les non-dits sur la table, tous les mots du monde n’auraient pas suffi ; tu n’avais qu’à faire un pas.

    Toutes les questions s’effacent parfois, le temps d’une évidence.

    Et puis l’on rallume la lumière et le vent souffle sur la flamme ; mais son souvenir nous tient si chaud qu’il nous paraît qu’elle ne nous a pas quitté. De nouveau la pluie fait rage et les angoisses s’aggripent à mes pieds, mais il est trop tard, car je sais.

    Il est trop tard car je n’ai plus froid.

     

    Je vois flou avec les gouttes qui noient mes iris, mais rien à faire, j’ai rendez-vous avec mon miracle et je ne partirai pas tant qu’il ne se sera pas manifesté.

     

    Maéli 


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  • « Tocado y hundido », Melendi

     

    Les chevaux hennissent et se cabrent. Leurs sabots fendent l’air. Ils ont l’air effrayants, libres et puissants. Ma colère piétine. Je fume, je fume je me consume.

     Personne ne t’a donc dit que je t’aimais ?

    La lumière de tes yeux vient me frapper quand je tourne le dos ; le pont entre nos deux prunelles, l’alliance entre nos deux existences est une réalité.

    La douceur et l’odeur de tes peau s’insinuent dans mes mes rêves ; même la nuit, quand j’ai les yeux fermés, ta chaleur me traque.

    Je suis à la dérive, je suis amoureuse ; je suis au plus haut des cieux et je suis révoltée. Déesse vengeresse dans le soleil levant j’ai sorti les armes, prête à remuer ciel et terre.

    Il faudrait rétablir une justice et une vérité ; il faudrait que l’amour gagne enfin.

    Mes pensées se percutent pour donner un sens à ce monde étrange qui se déchaine autour de moi ; un pourquoi en lettres capitales parade au coin de la rue ; un pourquoi qui voudrait me dire que personne ici n’a compris ce qui se passe.

    Je fais le yo yo ; je joue à cache cache avec la lumière. C’est la tempête, un coup mes volets se ferment, un coup ils claquent et ma fenêtre s’ouvre pour laisser le vent et la pluie s’engouffrer ; un autre, je suis bien au-dessus des nuages, dans un rayon de soleil.

    J’ai mis mon cœur dans une bouteille et je l’ai lancé à la mer, je l’ai enfoui dans le sable, je lui ai mis le feu ; je l’ai baillonné, mais rien à faire, il a ton nom tatoué sur ma peau.

    J’ai cherché la mer ; la paix n’a été que passagère.

    Je me sens comme en haut d’un précipice ; est-ce que je me laisse tomber et je vais voir quelque chose de nouveau ou est-ce que je me laisse guider vers toi ?

    Personne ne t’a dit qu’on en valait la peine ?

    La seule pensée qui me rend heureuse, c’est celle d’être avec toi.

    Alors où s’arrête le combat ? Alors, je déchire le drapeau de notre amour, je lui mets le feu ou je le brandis bien haut ?

     

    L’amour devrait triompher, toujours. Il faudrait rétablir une justice et une force là où l’homme faiblit. Mes cheveux battent dans le vent et j’ai les pieds bien enracinés dans le sol ; je n’ai pas peur de me battre ni peur de souffrir.

     

    Maéli


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