• Qui parle de tomber amoureux ?

    Je siffle et je souffle ; la cage thoracique un peu embrumée par ce début d'année. Par toutes ces petites infidélités à toutes les merveilles qui n'attendent qu'à être découvertes...

    L'angoisse a son maillage serré et ses petits recoins cartographiés, il est temps de dépoussiérer ; mais l'inconnu est si grand, ô maman...

    Qui parle de rencontrer une âme, par hasard ?

    Je marche, sur les pavés ; sans boussole, comme si mes pieds savent où je vais, comme si la destination n'avait pas autant d'importance que le chemin

    Le monde tourne, mais qu'il a perdu la boule; l'horizon est si géométrique, je ne veux pas de lignes droites mais des feux d'artifices, des oiseaux sur les branches des arbres, des scarabées sur les chemins peu fréquentés, des regards qui vous disent la vérité ;

    je veux pas avancer le nez dans la boue

    Montre-moi le ciel, veux-tu ?

    Qui parle d'envoyer la solitude à la poubelle ? On n'est jamais seuls pas même aux milieux de l'indifférence des foules et des regards qui vous mettent dans une boîte

    J'ai des rêves pleins les murs ; ils se reflètent sur ma rétine, gigantesque cinéma, j'en ferais des patchworks des étoiles et des contes que je lirais à mes enfants le soir...

    Alors si ça ne tient qu'à ça : déchirons la toile d'araignée en nous pour y trouver le ciel plutôt que de s'égarer dans des contrées reculées.

     

    Maéli


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  • Je reviens d'un ailleurs.

    Imaginez un paysage grand de splendeur, un horizon qui s'étend sans nous poser de question ; où l'avenir n'est pas un point d'interrogation mais un grand sourire.

    Oh mon coeur, oh mon doux coeur si recroquevillé au fond de ta cage, ce soir le monde te semble bien noir. C'est seulement la nuit qui tombe et ton navire qui dérive ; c'est seulement le bruit des flots dans ton âme redescendue du ciel.

    Tu verras qu'on rencontrera des grandes étendues vertes, qu'on tombera amoureux ; que le vent, comme une caresse baisera tes lèvres. Qu'on hurlera dans les forêts pour briser nos chaînes, qu'on chantera à tue tête et qu'on aura plus peur d'être heureux

    Oh ma tigresse enfouie, parquée derrière tes barreaux ; il a suffit d'un rugissement et ma tour d'ivoire a perdu l'équilibre

    C'est Pise et c'est grandiose cette flamme qui se libère

    Je me suis égarée dans les nuages et j'ai repris le bateau pour le rivage... La réalité paraît si insensée... 

    Oh mes rêves, vous qui m'entendez, je n'ai pas oublié...

     

    Maéli

     

     


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  • "Sorry", Halsey

     

    Tout termine toujours comme ça…

    Une page blanche. Un café fumant mais déprimant.

    Un nœud aux intestins qui me coupe la faim ; un goût amer dans la bouche et un stylo en grève. L’inspiration s’est fait la malle.

    Mon regard s’égare dehors, à travers la vitre ; cavale parmi les nuages, s’accroche aux branches, la frustration a les crocs. Je voudrais m’évader de ma propre réalité.

    Je croise et décroise les jambes. Le tissu de ma jupe vient caresser mes jambes nues. C’est pitoyable. Je n’ai rien à faire là. Une sirène hurle dans ma tête que je suis maso, que je devrais partir et en courant ; je l’ignore. Il est trop tard maintenant.

    Je m’attache au décor. Café parisien avec son côté chic et son côté relou, les gens classes et les étrangers, les croissants et les serveurs mal élevés ; et surtout, l’agitation qui cache les balanciers de mon cœur.

    Un soupir impatient et dans ma cage thoracique une fleur qui fane.

    -Pourquoi tu m’as fait venir ?

    Je n’aurais pas pu éviter son regard éternellement, n’est-ce pas ? Je pose mes prunelles sur les siennes, avec prudence ; de peur d’écraser quelque chose de précieux et de fragile par inadvertance.

    Il fait cette petite mimique avec ses sourcils qui veut dire alors ? et je déglutis ; mon cœur bat un peu trop fort. Va-t-il s’échapper ou exploser et faire un scandale en plein Paris ?

    Adam s’impatiente en face de moi et il a raison après tout. C’est moi qui l’ai fait venir et qui joue la carpe.

    Son visage est double face ; un coup l’assurance et l’espoir clignotent, et parfois après un clignement de paupières s’allume une lumière dans son regard, une de celles qui vacillent et qui parlent de précipices, de falaises et de cauchemars.

    Mon courage se barre la queue entre les jambes et je voudrais crier de chagrin ; enfermée dans ma bulle de silence.

    Qu’est-ce qui me prend de vouloir mettre les choses au clair ? Mais qu’elle aille se faire voir cette manie de vouloir bien faire. Elle fout tout en l’air.

    -Tu comptes me dire ce qui se passe ?

    La rage couve sous sa voix. C’est normal, après tout. Il évacue son malaise en tapant du pied à un rythme régulier et tout ça me rend folle ; le bruit alentour, mon monde intérieur et notre détresse.

    J’aurais pu faire comme si on ne s’était pas embrassés l’autre soir alors que j’avais un peu trop bu. C’était rien après tout. Et puis ça m’est pas revenu tout de suite ; j’avais vraiment bu comme un trou ce vendredi.

    C’était rien après tout. Juste un ami dont les lèvres se sont égarées sur les miennes alors qu’il faisait nuit noire.

    Ses doigts pianotent sur la table et je me souviens de sa tendresse, de ses bras autour des miens alors qu’il m’aidait à monter dans le taxi, des frissons sur sa peau, quand il me frôlait ; de son hésitation, de son murmure au creux de mon oreille. Je t’ai attendu si longtemps, Sybille si bien que j’ai cru que tu ne m’aimerais jamais.

    Un frôlement et l’intensité d’un instant. Ma peau était électrique, sous tes doigts ; tu sais ? Veut lui dire mon regard et pourtant je m’efforce de mettre tout ça au placard.

    C’était pas rien, tout ça ; je crois.

    Dans mon cœur, la page blanche se déchire.

    -Adam, je me suis souvenue de la soirée d’Eva.

    Et ma voix s’est coupée, d’un coup ; je pouvais plus dire grand-chose, comme après qu’on ait échangé les banalités.

    Le ciel s’est ouvert en moi et il pleut si fort dans mes yeux ; mes joues sont sèches mais il y a une falaise un cratère un désert qui s’est logé dans mon iris. Mon cœur est lourd ; lui, l’oisillon qui ne rêvait que d’envol parait transpercé par cette pensée : je ne t’aime pas assez.

    Un silence devrait être creux et timide, pas parler autant ; pas effacer les rêves d’un amoureux et pas l’arracher, comme on fait pour les mauvaises herbes.

    -Je ne peux pas, Adam.

    Ma voix se brise un peu, sous le coup de l’émotion.

    Je me sens si démunie face à nos océans de sentiments, j’aimerais me noyer dans ma tasse de café dégueulasse, lui expliquer, aussi, lui dire que c’est pas de sa faute ; mais j’aurais beau faire le tour de toute les raisons, la plus insolente est la vraie : le cœur a ses raisons que la raison ignore.

    Son visage se ferme brusquement et je ne sais plus ce qu’on va devenir –si j’ai perdu un ami, en plus de quelqu’un qui m’aimait- et dans un instant, lui non plus, je crois, parce qu’il me dit platement :

    « Je comprends ».

    On n’a pas eu le temps pour un dernier mot, il s’était déjà levé, avait pris sa veste et s’était retourné ; il y a cette chaise vide devant moi qui hurle son absence et le vide qu’il laisse dans mon cœur.

    De toutes les questions qui tempêtent sous mon crâne, les pourquoi sont les plus bruyants et les comment les plus déchirants ; mais c’est le et maintenant qui fait le plus mal.

    Tout se termine toujours comme ça. Avec un point d’interrogation.

    Une fin qui sent le début.

     

    Quelque chose qui transperce le temps, comme un silence strident ; jusqu’à ce qu’on se décide à passer au paragraphe suivant.

     

    Maéli

    Mon texte pour le concours de Naeri.

    Voilà, j'ai eu dix jours sans internet et je suis de retour. 


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  • Dis-moi d'où viens cette tristesse qui s'ouvre en moi comme un ravin 

    et ce désert qui me laisse ; à trébucher sur des pierres

                                                 à s'arrêter sur des mirages 

    et ces dunes de sable ; qui rendent ce monde jadis si fécond, aride et incertain 

    Où est passé l'espoir ?

    Mon coeur se la joue balle de jongleur puis trapéziste et il n'en fait qu'à sa tête ; les cheveux en bataille et le pyjama plissé par une mauvaise nuit, je lui cours encore après comme une hystérique ; 

    mais où vas-tu comme ça ?

    Et ces étendues désertiques qui se craquellent sous mes pieds ; la terre qui se fend, car elle a soif de ton amour -j'étais venue cueillir des fleurs mais tout est sans couleurs, ici- ; elle se déchire en une longue plainte 

    Pourquoi ?

    M'aurais-tu donc abandonnée ?

    Comme un enfant égaré qui s'abreuve de paroles insensées pour noyer l'inquiétude ; 

     

    on a pris la malle et on est partis marcher sous le croissant.

     

    Maéli


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  • Je t'attendais.

    En haut de la colline aux coquelicots, d'où on courait après les papillons ; tu t'en souviens ? De ma robe qui tourbillonnait, du soleil de plomb,et de nos rires qui montaient au ciel ; aussi éphémères et fragiles que des feuilles dans le vent.

    Tu te rappelles ?

    Qu'on se courait après,et qu'on se battait et qu'on se roulait dans les champs

    de ce temps où il suffisait d'un baiser sur la joue ou d'un pardon 

    pour que les erreurs n'aient plus d'importance

    et que l'amour que l'on porte soit dur comme un roc

    Que l'on ne puisse briser ; en faire des éclats de doute, de peur, d'espoir ou de pourquoi.

    Avant que l'on ne soit une fille et un garçon ; avant que tout cela n'aie d'importance

    Je t'attendais ; tu sais ?

    Mon coeur est resté là-haut sur la colline ; à scruter l'horizon. Il s'est perdu dans le ciel et langui dans l'attente. 

    C'est de ton absence que la rose a fleuri dans mon coeur ; nourrie de souvenirs et de la chaleur du passé.

    Où vas-tu comme ça ?

    Il paraît que le temps guérit ; mais dans son navire, il a emporté avec lui les trésors de notre enfance.

     

    Maéli


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  • Les paillettes sur mes paupières partent à coups de nuages, un regard dans le miroir et je me sens né-nue-phar ; 

    éteint dans la nuit

    Le coeur est lourd ; je le traîne du soir au matin, j'avais oublié le s on  que font les l  o  u  p  s    quand la Lune transperce le manteau de la nuit

    Insensée es-tu, chantent les étoiles ; d'avoir voulu aimer

    et je ne demandais pas plus

    Cette nuit, mon monde intérieur sonne clair, comme un verre vide, ou bien il ne sonne plus, avec tous ses courants d'air, il a dû prendre la fuite

    Un frisson ; que je suis vulnérable, et nos pensées s'écrasent sur les rochers de nos sentiments

    qui ont déjà tout balayé

    Cerf-volant sans rivage et parapluie dans le désert ; mon coeur est à l'envers.

     

    Maéli


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