• C’est dans ces moments ordinaires que se cache le bonheur. Moi, allongée dans l’herbe, les yeux fermées. Le soleil courant sur ma peau et l’herbe chatouillant mon visage.

    Dis, tu sens cette chaleur se répandre au creux de ton ventre et s’épanouir ?

    Tu la sens, cette fleur qui s’épanouit en toi ?

    C’est dans ses instants ordinaires que je clos mes yeux et que je souris. Parce que je t’imagine là, tout près ; ta main se pose au creux de ma hanche et ma tête vient se reposer contre la tienne. Le temps se repose, au creux de mes mains.

    Ce sont ces instants qu’on dépapillote comme les bonbons et qu’on savoure sur le bout de la langue.

    Est-ce qu’il t’arrive, parfois de fermer les yeux et de te remémorer le souvenir de nos mains enlacées, de ta peau contre la mienne, de nos lèvres qui s’entrechoquent ?

    Est-ce qu’il t’arrive, parfois, de ne pas trouver le sommeil car mon image s’est imprimée sous ta rétine et qu’elle te tient éveillée ?

    Mon cœur bat pendant que les fourmis inventent un nouvel itinéraire dans l’herbe. Le vent vient caresser ma peau et mes poils se hérissent. Il fait parfois frais, même sous le soleil. Le bonbon se dissout toujours, au bout de quelques minutes, et ton image s’évapore quand maman m’appelle et que mes yeux s’ouvrent à nouveau au monde extérieur.

    J’aimerais te murmurer : « Reste encore un peu. » Mais tu n’es plus là et mon cœur bat encore sous mes doigts.

    Maéli


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  • Dis, des fois ça t’arrives de regarder au loin et de voir l’horizon s’embraser ?

    J’ai trouvé un endroit où le temps est éternel.

    Oh, le ciel prend feu et mon cœur s’embrase.

    Tu penses que le temps aussi a appris le code de la route ? Qu’il y connait quelque chose à la circulation, aux priorités, et surtout, qu’il respecte les panneaux stop ?

    Des jours j’aimerais filer aussi vite que le vent et être à demain, d’autres, j’aimerais lui dire, reste encore un peu.

    Le soleil s’en va. Il reviendra demain.

    Je crois bien que c’est la seule promesse que personne n’a jamais brisée, cet accord que nous avons, lui et moi. Tous les jours, il se lève. Et si je le laisse entrer, il vient s’installer au creux de ma cage thoracique, juste au dessus de cet organe qui bat si vite et qui me tient en vie.

    Lui me garde au chaud.

    Mes yeux se déplacent un peu sur la toile du ciel. J’aimerais bien, parfois que mes yeux soient deux appareils photos, qu’ils puissent garder certains instants gravés quelque part, pour les cacher au fond d’une boîte, là où rien ne s’abîme, là où les horloges n’existent pas ; pour que les jours de tempête je sache où trouver la paix.

    Il n’y a personne à l’horizon. Ça fait du bien un peu de solitude.

    L’herbe ondule sous le vent et je frémis. J’ai la chair de poule. La nuit tombe. Elle se relève, vous croyez ?

    Je ne savais pas que nos expressions étaient si pleines de poésies. Et mes pensées vagabondent, par saut de puce, parfois elles se heurtent à la paroi de mon crâne, d’autres, prennent le vent et viennent se déposer au creux des fleurs qui se referment doucement, au rythme de la fraîcheur qui s’installe.

    Tu crois vraiment que le soleil ça brûle la rétine ? Que je vais finir aveugle si je regarde trop longtemps ?

    J’ai un pied posé sur le goudron, pour tenir en équilibre sur ma bicyclette alors qu’elle est arrêtée. En plein milieu de nulle part, le soleil embrase un champ.

    C’est beau.

    Maéli


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  • Bientôt, je partirai.

    Je mettrai les voiles pour quitter le béton et les sourires en carton. Les chevaux dans le vent, la valise à la main, j’irai chercher d’où je viens.

    Debout devant un panneau lumineux, je regarderai les destinations jusqu’à trouver la mienne. J’ai peur. Un peu, je crois. Pas plus. Mes yeux brillent, je sens déjà le soleil sur ma peau, les éclats de rire, les cœurs à cœurs et l’aventure. Ma drogue.

    Ce que je croyais savoir partira en fumée.

    Tu me manques.

    Où que je sois. Chez moi, à l’aéroport et même dans mes rêves.

    Tu n’es pas loin.

    Je pars. Cette idée m’apaise et recouvre le monde autour de moi d’une nouvelle magie. On oublie toujours trop vite qu’on ne sait pas combien de temps nous avons ; combien de temps tout ça durera.

    Je reviendrais, aussi. Sans aucun doute.

    Bien plus riche que lorsque je serais partie.

    Maéli


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  • La nuit dernière, nous longions la Seine. L’eau clapotait doucement à côté de nos. Les pavés, sous nos pas, étaient familiers. Un léger vent frais jouait avec nos cheveux.

    Le monde entier paraissait calme, prêt à être embrassé par mon regard et à apporter la paix à mon cœur.

    La tour Eiffel brillait, au loin et se détachait dans toute sa majesté des ténèbres.

    C’était une de ces soirées où j’aurais mis un genou à terre et je lui aurais déclaré ma flamme. Un moment unique où j’aurais dit à Paris qu’il était magique.

    Tu étais à mes côtés et nous parlions du passé.

    Dans un éclat de rire, je me suis rendue compte que je vivais la vie que j’avais toujours rêvée. C’était incroyable et magique à la fois.

    Pourtant, c’est vrai.

    La discrétion avec laquelle le rêve prend le pas sur notre réalité m’avait fait les confondre. Tu m’avais dit que tout le monde vivait la vie dont d’autres rêvaient. Je m’étais arrêtée, les yeux grands ouverts par la stupéfaction.

    Je vis mon rêve à moi.

    Ouvre tes ailes papillon, et vole, vole, vole et ne t’en fais pas, si tu t’égares, le phare te ramènera à la maison. Ouvre tes ailes papillon, et tu pourrais bien te rendre compte que tu voles déjà et que le phare dans la nuit, c’est toi.


    Maéli


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  • Il m’arrive parfois de fermer les yeux, et tu es juste là. Tout près. Je pourrais te toucher. Je sens la chaleur de ton souffle sur ma peau d’où je me tiens. Je frissonne.

    Les yeux clos, plus rien n’existe, n’est-ce pas ?

    Le soleil brille sur ma peau et je cours me jeter dans tes bras ; le vent joue avec mes cheveux et tu me serres comme pour m’empêcher d’aller nulle part ailleurs.

    Il m’arrive parfois, dans le creux d’un silence de voir ton sourire se dessiner sous mes paupières ou de t’entendre parler ta langue.

    Mais tu n’es pas là, n’est-ce pas ?

    Il y a un endroit, au fond de l’océan où je pourrai toujours retourner, le soir, si je ne trouve pas le sommeil ; car je sais que tu as laissé un peu de toi parmi les coraux. Le sable brûlant frotte contre mes pieds et me ramène ici, au milieu de présent.

    Il y a des instants comme ça, où je m’égare, dans l’espoir de te retrouver dans un monde parallèle.

    Pourtant, il fait si bon sur la terre ferme. Alors je marche longeant le rivage ; nos chemins se recroiseront bientôt.

    Maéli


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  • Tu sais, c’est pas ta faute tout ça.

    Je me suis un peu emmêlée les pinceaux. J’ai trébuché. Je voyais plus trop où j’allais, je ne savais pas vraiment où j’allais en fait.

    Je te garde bien au chaud dans mon cœur, comme un joyau.

    Mais parfois, quand il fait frais le jour et que les cernes dessinent leurs valises sous mes yeux, je frissonne un peu et j’aimerais bien que tu sois là. La soirée s’allonge et j’attends ta réponse ; pendant plusieurs jours parfois.

    Je dérive à attendre trop longtemps. Des souvenirs d’un autre temps y font écho ; des souvenirs que je me suis promis de ne pas revivre.

    Je me suis sentie prise entre deux feux, ne voulant ni l’un ni l’autre et dis-moi, je ne t’ai pas inquiété ?

    Tu me manques et ce n’est pas ta faute.

    Maéli


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